L’avenir d’organismes communautaires en sursis
Les organismes communautaires peuvent pousser un soupir de soulagement. L’entente de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, d’un montant de 9 M$ a été reconduite jusqu’au 31 mars 2016.
Cependant, l’incertitude demeure pour les années suivantes et la survie des organismes et programmes communautaires n’est pas assurée.
Le maire de Montréal, Denis Coderre et le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, ont annoncé la reconduction de l’entente, la semaine dernière, dans le cadre d’une conférence de presse.
«C’est une entente qui a fait ses preuves, explique Sam Hamad, le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, venu annoncer le renouvellement à l’hôtel de ville de Montréal, en compagnie du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau. Il faut s’entraider. C’est un geste de solidarité entre la ville et le gouvernement.»
Le ministre Hamad a indiqué avoir été sollicité par le ministre Moreau, quelques heures à peine sa nomination entérinée et avoir donné priorité au renouvellement de cette entente, signée jusqu’au 31 mars 2016.
Sur les 9 M$ de l’enveloppe montréalaise, 75% sont destinés aux arrondissements, les 25% restants permettent de financer des projets à l’échelle de la ville, qui bénéficient à quelque 350 000 personnes à Montréal.
Soulagement après une longue attente
Il faut dire que depuis le 1er janvier dernier, plus de 300 organismes montréalais attendaient avec inquiétude et puisaient l’argent dans leurs poches en espérant recevoir du financement pour des projets de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale.
«On est content d’avoir sauvé les meubles. En décembre, on nous disait que le montant de 9M$ allait être reconduit, mais au retour des Fêtes, on a appris que l’enveloppe était menacée de moitié et peut-être même entièrement, indique Nathalie Fortin, présidente de la coalition des tables de quartier de Montréal. On a fait beaucoup de rencontres et de pression pour activer les choses. Je pense qu’ils étaient beaucoup plus frileux à donner ce montant au niveau du Conseil du Trésor que du MESS.»
«Le gouvernement du Québec a voulu s’assurer qu’il n’y ait pas d’autres compressions que celles déjà faites dans le pacte fiscal transitoire», souligne M. Moreau.
«L’entente devait être coupée de 4,5 M$, mais on a dit que cela n’avait pas de bon sens», martèle Denis Coderre.
Un sursis à court terme
Dans Rosemont–La Petite-Patrie, une quinzaine d’organismes bénéficient de cette Alliance pour un montant total de 343 290$.
C’est le cas du Regroupement de tables de concertation de La Petite-Patrie (RTCPP), qui financent deux postes d’agents de mobilisation citoyenne grâce à l’entente.
«Si on a la confirmation que notre projet est à nouveau financé, on va pouvoir encore tenir quelque temps sur nos fonds propres, mais on attend vraiment la confirmation», soutient Solenne Prissette du RTCPP.
Pour sa part, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie indique être prêt et avoir déjà sélectionné les projets qui seront financés. Le financement sera voté au conseil d’arrondissement du mois d’avril.
D’autres craintes subsistent pour l’année prochaine. «Le répit est très bref, car Montréal se négocie de nouveaux pouvoirs dans le statut de Métropole en ce moment. Est-ce ces nouveaux pouvoirs vont être accompagnés des montants suffisants pour que le développement social soit vraiment soutenu et vu comme un investissement, car c’est notre plus grande crainte», conclut Mme Fortin.