Montréal
14:00 4 mai 2020 | mise à jour le: 4 mai 2020 à 14:18 temps de lecture: 3 minutes

L’impossible combat de Renée Duclos

L’impossible combat de Renée Duclos
Photo: Gracieuseté - Frédérique LissoirRenée Duclos au mariage de sa fille en 1979.

Souffrant d’Alzheimer avancé, cardiaque et âgée de 86 ans, Renée Duclos était pour le moins vulnérable face la COVID-19, qu’elle a contractée au Centre d’hébergement de Saint-Laurent. Elle en est décédée à peine quelques heures plus tard.

Des cas ont été confirmés sur plusieurs étages, dont celui de Mme Duclos, qui a été admise à l’établissement laurentien il y a un peu moins d’un an.

«Une fois que ça rentre, c’est un vrai brasier. Il y a une personne qui l’attrape, tout le monde l’attrape», déplore sa petite-fille Frédérique Lissoir.

Il y a une semaine, la famille a appris ce qui semblait inévitable. Devant le diagnostic de coronavirus, le médecin a été transparent. «Elle est encore lucide, mais je ne vais pas vous cacher que ça ne va pas très bien», leur a-t-il dit.

Vulnérabilité

Celle qui a fait carrière comme technicienne de laboratoire dans le milieu médical avait déjà le souffle court à l’occasion en raison de ses problèmes cardiaques. Sa famille avait songé à une opération au courant de l’année, mais la récupération aurait été difficile. «Ce qu’on souhaitait, c’était qu’elle ne souffre pas», dit Frédérique Lissoir.

Renée Duclos et Marcel Dubuc
Renée Duclos et son mari Marcel Dubuc au début des années 2000.

Les heures étant comptées, un appel en visioconférence a été organisé avec plusieurs membres de la famille, dont une partie se trouve aux États-Unis.

Parmi les participants, son mari Marcel Dubuc, avec qui elle fêtait cette année son 66e anniversaire de mariage.

Le couple, qui a vécu une bonne partie de sa vie à Saint-Laurent, ne s’était pas vu depuis sept semaines en raison du confinement. Encore autonome, M. Dubuc vit actuellement aux Verrières de Golf, sur la rue des Nations, où aucune éclosion majeure n’a été rapportée jusqu’à maintenant.

«On lui a dit: ‘Grand-maman, on va pouvoir se parler demain’, mais on savait très bien qu’on ne pourrait pas.» — Frédérique Lissoir, petite-fille de Renée Duclos

Pendant deux heures, leurs infirmières respectives ont tenu la tablette électronique. «C’est une belle histoire qui montre l’humanité des personnes qui travaillent avec les personnes âgées. Elles sont très attachées aux patients», dit Véronique Lissoir, qui tient à saluer le travail du personnel. Le CHSLD a fait en sorte qu’il y ait le minimum de mal et de dommage possible.»

Dans la nuit du 28 avril, Renée Duclos a poussé son dernier souffle, trente heures après avoir été testée positive.

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