Les carrefours jeunesse-emploi ne pourront plus recevoir tous les jeunes de 16 à 35 ans
Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale veut changer la vocation des carrefours jeunesse-emploi (CJE). Ils ne recevront bientôt que des jeunes sur l’aide sociale ou sans revenu. Une décision qu’a vivement critiquée le Carrefour jeunesse-emploi Viger-Jeanne-Mance la semaine dernière.
Marie-Claude Chiasson
Depuis 18 ans, les CJE offrent différents services aux 16-35 ans. En raison d’un contexte particulier à Saint-Léonard, où vit une population massivement immigrante, le CJE Viger-Jeanne-Mance mise beaucoup sur l’orientation des jeunes et le retour aux études.
Mais voilà que le mardi 22 octobre dernier, le sous-ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Bernard Matte, a fait savoir au CJE Viger-Jeanne-Mance que leurs modalités de financement, de même que leur type de clientèle, allaient changer.
« Nous voulons augmenter les résultats en matière d’emploi et diminuer le nombre de personnes sur l’aide sociale, a fait savoir le porte-parole du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Lefebvre. D’ici 2017, 725 000 emplois seront à pourvoir pour les jeunes. »
Des craintes dans les CJE
« Nous avons beaucoup de craintes à l’effet de voir notre offre de service diminuée et de ne plus avoir les moyens de répondre aux besoins des autres partenaires que nous avons que ce soit liés à la jeunesse, à la santé ou à l’emploi », a exprimé au <@Ri>Progrès Saint-Léonard<@$p>, Lina Raffoul, directrice général du CJE Viger-Jeanne Mance.
Celle-ci est catégorique face à cette nouvelle orientation du gouvernement.
« Ce que le ministère nous propose est inacceptable, car il veut changer notre façon de travailler pour devenir des bureaucrates qui définissent les jeunes par leurs problèmes et non pas par qui ils sont, exprime-t-elle. Notre modèle est salué et copié dans différents pays du monde. Pourquoi voudrait-on le sacrifier ? »
Subventions coupées ?
Selon Mme Raffoul, au Québec, les CJE représentent des subventions totales de l’ordre de 45 M$ pour le gouvernement et rapporteraient un bénéfice net de 72 M$.
Au Carrefour jeunesse emploi Viger-Jeanne Mance, c’est 560 000 $ par année que le gouvernement donne à l’organisme. Si la clientèle se fait moins nombreuse en raison des nouvelles restrictions, est-ce que les CJE verront leurs subventions diminuées ?
« Ce que le ministère a dit c’est que les enveloppes pour les jeunes seront maintenues. Seules les modalités changeront. La nature des subventions sera remplacée pour venir en aide strictement aux jeunes prestataires de l’assurance emploi, aux gens admissibles et à ceux qui sont sans revenu », insiste M. Lefebvre.
Une mobilisation à prévoir
Les CJE du Québec doivent se rencontrer cette semaine pour définir les actions qui pourraient être entreprises afin de faire reculer le gouvernement.
Quant au gouvernement, il a annoncé la tenue d’un comité de travail qui sera mis en place dès le début du mois de novembre. Les CJE ont été invités à y prendre part.