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Les promoteurs présentent leur vision pour le secteur Bridge-Bonaventure

Le président de Devimco, Serge Goulet Photo: Métro Média - Lila Maitre

Des promoteurs immobiliers, accompagnés d’architectes et urbanistes, ont présenté leur vision du développement pour le secteur Bridge-Bonaventure et Pointe-du-Moulin, qui comprend le bassin Peel. Les constructions mises en avant impliquent 7511 logements, incluant logements sociaux, bureaux et espaces qui se veulent favorables au développement durable.

Parmi les 7511 logements proposés dans le secteur situé dans Ville-Marie et Pointe-Saint-Charles, 2908 devraient être sociaux et abordables, et 751 seront familiaux. En comparaison, la Ville proposait dans un plan présenté en mars dernier 1270 logements sociaux et abordables et 320 familiaux parmi les 3800 logements prévus.

La vision des promoteurs comprend la construction de bâtiments plus hauts, comme ceux du centre-ville, mais moins étalés au sol.

«La densification intelligente est incontournable […] parce que ça nous permet de redonner à la ville des quantités d’équipements, d’espaces publics variés, et de dégager le sol de manière à offrir plus pour la vie de quartier et d’offrir plus de services et d’espaces verts qui accompagnent la vie urbaine», a défendu l’architecte et associé à la firme Lemay, Stéphane Tremblay.

En plus de la construction de logements, les promoteurs et urbanistes expriment leur volonté d’intégrer des espaces verts et de favoriser le transport actif tout en incluant une nouvelle station du REM.

«Depuis les premières réflexions, le monde a littéralement changé. La question des changements climatiques était à l’ordre du jour à l’époque, mais depuis elle est passée au stade de la crise climatique pour ensuite devenir une urgence climatique», a souligné le président de l’Institut de développement urbain, Jean-Marc Fournier.

Les promoteurs désirent implanter des entreprises au sein du secteur, notamment en créant une zone d’innovation dans la recherche et le développement d’entreprises liées aux technologies propres.

Le regroupement ayant présenté sa vision souhaite également conserver quelques vestiges du patrimoine industriel, à l’instar du Silo 5, de la station de pompage Riverside, du Bassin Wellington et des canaux hydrauliques.

Le coût du développement devrait s’élever à plusieurs milliards de dollars, selon les promoteurs.

Après les différends, le dialogue

La présentation de la vision de ce secteur, qui est à l’étude depuis plusieurs années, a lieu plus d’un mois après que les développeurs s’étaient dits «bâillonnés» par la Ville de Montréal à la suite de la présentation de son plan. Ces derniers avaient critiqué le manque de logements proposés par la Ville. À ce moment, les promoteurs évoquaient le désir de construire entre 12 000 et 15 000 habitations, chiffre qui s’est abaissé depuis à 7500.

«C’était plus un appel de détresse qu’un appel de confrontation […] Là, il est temps d’arriver à quelque chose de concret», a soutenu le président de Devimco, Serge Goulet, qui a promu le dialogue avec la Ville, alors que la vision a été présentée aux élus la semaine dernière.

Ce soir, des portes ouvertes permettront aux promoteurs de présenter cette nouvelle vision aux citoyens et organismes communautaires, comme ceux de Pointe-Saint-Charles, qui demandent depuis plusieurs années la construction de logements sociaux dans le bassin Peel, et la conservation des terrains publics qui sont sur le secteur. De leur côté, les promoteurs se sont dits ouverts au dialogue avec les acteurs communautaires.

La Ville de Montréal a de son côté salué la volonté des promoteurs de faire de la concertation avec les Montréalais, mais a aussi souligné la complexité du secteur. « Notre travail c’est d’assurer l’équilibre dans la mixité des usages en fonction des paramètres du site. Au final, ce qu’on souhaite c’est de placer les intérêts des Montréalais au cœur de la planification des quartiers, pour laisser de la place aux logements sociaux et abordables, au verdissement, aux services de proximité, bref en faire des quartiers complets. On va prendre le temps d’analyser ce qui ressort de leur consultation, mais une chose est claire, il faut faire du logement dans des conditions qui permettent des milieux de vie et de la mobilité adéquats.», a indiqué l’attachée de presse du comité exécutif, Marikym Gaudreault.

Parallèlement, un comité d’expert indépendant examinera prochainement les différentes propositions pour le secteur, soit celles de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) de février 2020, le mémoire de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) d’août 2022, le plan de la Ville de mars dernier et la vision des promoteurs.

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