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Avenir du bassin Peel: la mobilisation continue à Pointe-Saint-Charles

Une partie du bassin Peel Photo: Archive Métro - Annie Bourque

Depuis plusieurs années, le bassin Peel, situé dans le secteur Bridge-Bonaventure, fait l’objet de nombreuses discussions sur son aménagement. Alors qu’un projet de club de baseball partagé, dont le terrain aurait pu être construit sur le site, est tombé à l’eau en janvier dernier, l’avenir du bassin Peel fait de nouveau parler de lui, notamment du côté des organismes de Pointe-Saint-Charles.

En organisant une assemblée citoyenne mercredi dernier, La Corporation de développement communautaire de Pointe-Saint-Charles, Action-Gardien, remet au goût du jour, après deux ans de pandémie, la mobilisation qui est en cours depuis plusieurs années. L’organisme y a présenté son projet de mettre en place 1000 logements sociaux.

Les citoyens ont été invités à prendre la parole et à proposer des initiatives. «Au-delà de s’impliquer dans des concertations, on veut aussi montrer l’adhésion locale et la force de la communauté autour de ce projet-là», explique la coordonnatrice à Action-Gardien, Karine Triollet.

Les citoyens ont notamment proposé de faire du porte-à-porte dans le quartier afin de sensibiliser les habitants.

Plusieurs visions

Le secteur, situé à l’est de Pointe-Saint-Charles, est convoité depuis plusieurs années pour une diversité de projets d’aménagement. Les terrains appartiennent à différents acteurs, parapublics comme la Société immobilière du Canada (SIC) et Loto-Québec, et privés à l’instar de Devimco.

En 2019, le promoteur immobilier Devimco présentait un plan d’aménagement qui incluait un pôle d’emploi et de logements, dont l’architecture rappelle celle des immeubles du centre-ville et de Griffintown. La compagnie souhaite attirer plusieurs centaines d’entreprises et créer des milliers d’emplois, et envisageait d’y inclure le terrain de baseball, avant l’abandon du projet.

De son côté, Action-Gardien revendique la mise sur pied des logements sociaux, pour développer le secteur résidentiel de Pointe-Saint-Charles, ainsi que des aménagements urbains.

«C’est très important pour nous que, si on a encore des terrains publics, il faille les garder en dehors du marché spéculatif pour les utiliser pour un milieu de vie qui va répondre aux besoins des habitants de Pointe-Saint-Charles, et de Montréal», précise Karine Triollet.

Réglementation et financements

Le projet d’Action-Gardien se situerait en majorité sur les terrains de la SIC, mais aussi sur ceux de Loto-Québec et de Devimco. Un objectif qui demanderait un accord avec les différents acteurs, notamment le gouvernement fédéral.

«La SIC a des engagements de rentabilité sur ses terrains, donc si on veut compétitionner avec des promoteurs immobiliers comme Devimco, il faut aller chercher du financement de plusieurs manières», explique l’organisateur communautaire du Regroupement Information Logement (RIL) de Pointe-Saint-Charles, Francis Dolan, en évoquant un nouveau programme fédéral qui prévoit qu’une partie des terrains excédentaires répondent à des enjeux de logements en lien avec la stratégie nationale sur le logement.

Pour l’instant, la Ville de Montréal continue la planification stratégique du bassin Peel avec le gouvernement du Canada et les partenaires, comme l’avait mentionné en janvier dernier dans un gazouillis la mairesse Valérie Plante.

Les organismes impliqués attendent la publication d’un plan directeur de la Ville, qui devrait sortir prochainement, et qui permettrait de définir des réglementations et une vision globale pour le bassin Peel.

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