Île-des-Sœurs
17:54 5 juin 2020 | mise à jour le: 5 juin 2020 à 17:54 temps de lecture: 3 minutes

Les bars se sentent oubliés par Québec

Les bars se sentent oubliés par Québec
Photo: GracieusetéLa Taverne Saint-Sacrement

Les restaurants pourraient bientôt voir les règles de la Régie des alcools, des courses et des jeux être assouplies. Cela permettrait entre autres aux restaurants de vendre de l’alcool sans devoir inclure la vente d’un plat dans la transaction. Toutefois, les bars ne bénéficieraient pas de ce luxe, ce que déplore l’Association des bars du Québec (ABQ).

Le règlement obligeant les restaurants à vendre de l’alcool à un client seulement si celui-ci commande un plat du menu est appelé à disparaître. Cela fait partie des différents amendements au projet de loi 61 déposé par le gouvernement Legault et visant la relance de l’économie du Québec.

«On comprendra jamais pourquoi le gouvernement s’est entêté à ne pas nous donner la chance de payer nos frais fixes. Déjà, beaucoup de bars ont mis la clé dans la porte.»

Pierre Thibault, propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement

Dans le contexte actuel, le projet de loi permettrait aussi aux restaurateurs de vendre de l’alcool par l’entremise d’autres entreprises. La vente de boissons pourrait ainsi s’effectuer à travers divers services de livraison comme UberEats ou Doordash. 

De plus, le prix de la vente d’alcool pourrait être différent dépendamment du moyen que le restaurant utilise pour vendre le produit. Par exemple, une même bouteille de vin pourrait voir son prix varier si le client la récupère au comptoir pour en emporter, se la fait livrer ou éventuellement la consomme en salle à manger. 

Québec souhaite aussi alléger le coût du permis d’alcool saisonnier pour le rendre plus accessible.

Bars

«Ce sont de bonnes nouvelles, mais ce n’est pas là que se jouent les enjeux, indique l’un des initiateurs de l’ABQ et propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement de l’avenue du Mont-Royal, Pierre Thibault.

Les bars ne pourront pas vendre de l’alcool à leurs clients. «On ne comprend pas comment ça se fait qu’autour de la table hier, ils ont ignoré les demandes qu’on fait depuis deux mois pour sauver les bars de la faillite», dénonce M. Thibault.

Parmi leurs demandes, l’association réclamait que l’industrie des bars puisse pouvoir vendre de l’alcool avec des repas pour emporter et à la livraison, comme ce qui est présentement permis pour les restaurants. M. Thibault mentionne que l’offre de mets pour emporter des bars permet de couvrir environ 30% de leurs frais fixes.

De plus, si le projet de loi est adopté, cela pourrait mettre en danger des petits bars de quartier, selon M. Thibault. «Il va falloir qu’on fasse un règlement serré. Ça ouvre la porte à des délinquants», dit-il.

Ce dernier donne l’exemple d’un bar à scotch qui importe une grande carte de spiritueux et dont le restaurant voisin pourrait décider de faire venir les mêmes produits.

Le propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement craint que certains restaurateurs se mettent à faire des menus de nourriture simples et se servent de l’assouplissement du règlement pour vendre de l’alcool.

Il nuance toutefois que si ce règlement est bien encadré c’est une bonne nouvelle notamment pour le client qui désire prendre un apéro sur la terrasse d’un resto. Il faut que les restaurateurs soient de bonne foi, conclut-il.

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