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La sécurité des soins au service de la dette.

Infirmière clinicienne de formation, au fil des ans d’une pratique en soins critiques, puis de responsable de la clinique d’insuffisance cardiaque j’ai compris que les conditions d’une bonne pratique s’amenuisaient comme peau de chagrin.

Il est normal de croire que la vague des retraites anticipées de 2012 à 2014, va enfoncer le CSSS du Cœur-de -l’Île plus avant dans la crise organisationnelle qui sévit.

Déjà, c’est sur un déficit accumulé de 1.5 million annuellement depuis deux ans qu’on improvise les nouvelles conditions de prestation professionnelle en substituant des infirmières par d’autres catégories de personnel.

À titre d’exemple un soir en chirurgie, c’est deux infirmières pour 38 patients qui œuvrent avec quatre infirmières auxiliaires ; qui compte tenu de leur formation et leur champ d’exercice ne peuvent exercer dans tout le champ des besoins de la chirurgie.

Ces collègues m’écrivent que des équipes de 19 patients c’est une responsabilité impossible à bien assumer pour une infirmière. Je les crois. Mais nos gestionnaires affirment que c’est possible et que la qualité et la sécurité du soin sera la même. Permettez-nous d’en douter.

Les niveaux d’intervention des différents professionnels ne sont pas les mêmes en regard de leur formation et responsabilités dévolues par les différentes lois professionnelles. Cette pratique de substitution de postes d’infirmières par des infirmières auxiliaires dans le contexte du déficit budgétaire motive l’instauration et l’improvisation de nouvelles modalités de prestation de soins qui s’avère moins sécuritaire et préjudiciable pour le professionnel et son client.

L’Ordre Professionnel des Infirmières et Infirmiers règlemente, sanctionne en regard d’une pratique généralement reconnue selon des normes de pratique admises. À titre préventif, personne n’admet ce qu’il faut faire, et ne se prononce sur le cadre des pratiques plus sécuritaires.

Pour l’OIIQ et le mandat de protection du public n’ya-t-il pas lieu d’établir des ratios bénéficiaires/professionnels selon les secteurs ? De toute évidence, les intérêts des gestionnaires sont prioritairement au service des budgets et de la dette.

Encore une fois, le CSSS du Cœur-de -l’Île improvise, se tient à bonne distance de son personnel professionnel n’évalue pas les effets des changements qu’il introduit sans consultation, sans avis, sans mesure sur les responsabilités de tous.

De plus, il faut ajouter que le manque de vision à long terme ne fait que se confirmer après des retards au processus de titularisation des postes (un an et demi pour le concrétiser) alors que des sommes de 12 millions étaient jetées aux agences privées et qu’il avait l’obligation de faire cette exercice en six mois.

Encore une fois c’est sans planification sans vision, que le CSSS du Cœur-de -l’Île s’enfonce dans une crise organisationnelle ou il sera difficile d’attirer et de retenir le personnel requis à la prestation professionnelle aux services requis par la population du Québec.

Ginette Bédard Infirmière Clinicienne Présidente du Syndicat des professionnelles en Soins du CSSS du Cœur de l’Île FIQ

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