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Un pâtissier au bord du désespoir

Par Nathalie Simon-Clerc

Fernando Coelho est au cœur d’une tempête. Un quotidien montréalais a révélé le 26 octobre que sa pâtisserie, Chez Forcier, sur la rue Jarry Est, avait fait l’objet d’une inspection sanitaire et que de graves irrégularités avaient été relevées. Depuis, le pâtissier se dit menacé et pense même à fermer son établissement.

« Depuis que l’article est sorti, on a menacé de me lapider en pleine rue », lance le pâtissier, visiblement désespéré par un récent article du Journal de Montréal. Début 2014, une inspection sanitaire de routine de la Ville de Montréal révèle que deux frigos ne fonctionnent pas et surtout, que d’innombrables souris se sont appropriées la pâtisserie. « C’est normal, explique Fernando Coelho, il y en a dans toutes les pâtisseries, et nous sommes à côté d’une bouche de métro ». Le propriétaire atteste que tout est rentré dans l’ordre et que les deux frigos incriminés ont été changés. « Sinon on ne m’aurait pas donné l’autorisation de laisser ma pâtisserie ouverte », prétend-il. Il a tout de même écopé de trois amendes pour un montant total de 5 200 $, le 17 juillet dernier.

Plusieurs lacunes graves

Du côté de l’Inspection des aliments de la Ville de Montréal, on se montre plus circonspect. Les rapports font état de dizaines d’aliments potentiellement dangereux à base de viandes, de poissons, ou de fromages, conservés dans des zones à température ambiante. Les inspectrices ont constaté une infestation de souris et reprochent au commerce de tolérer leur présence. L’infestation représentant un danger imminent pour la santé des consommateurs, une cessation des activités pour une durée de cinq jours avait été ordonnée. Ces graves lacunes ont entrainé des poursuites judiciaires. Aujourd’hui, la situation a été rectifiée, mais le propriétaire s’attend à une nouvelle inspection dans les prochains jours. La dernière a eu lieu le 2 juillet 2014.

« Si ça continue, je vais fermer ! »

Depuis, le pâtissier se dit harcelé par des menaces téléphoniques. Il confie vouloir fermer son établissement si elles perdurent. « J’ai cinq employées et trois ados à nourrir », raconte le propriétaire hésitant. Il assure que ses employées sont inquiètes et « sous le choc » des menaces. Pourtant, il affirme ne pas avoir perdu de clientèle.

L’homme vit au Québec depuis 40 ans et travaille depuis 36 ans. Il a été employé dans de nombreux établissements de Montréal.

« La pire affaire que j’ai faite, c’est acheter cette pâtisserie », se désole M. Coelho.

Depuis son achat, il soutient que les taxes ont doublé.

« Je traverse une mauvaise passe, je suis dans un stress énorme », confie l’homme abattu avant d’ajouter : « En mars, j’ai perdu ma femme, et aujourd’hui tout le monde s’acharne sur moi. Si ça continue je vais fermer. »

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