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09:31 24 novembre 2018 | mise à jour le: 17 juillet 2019 à 09:08 temps de lecture: 5 minutes

Gilets jaunes: incidents violents à Paris

Gilets jaunes: incidents violents à Paris
Photo: The Associated PressDemonstrators, called the yellow jackets, gather around the Arc de Triomphe as they protest against the fuel taxes, in Paris, France, Saturday, Nov. 24, 2018. French police fired tear gas and water cannons to disperse demonstrators in Paris Saturday, as thousands gathered in the capital and staged road blockades across the nation to vent anger against rising fuel taxes and Emmanuel Macron's presidency. (AP Photo/Kamil Zihnioglu)

Moins forte que la semaine dernière au niveau national, la mobilisation des “gilets jaunes” qui dénoncent la baisse du pouvoir d’achat en France a néanmoins donné lieu samedi à des échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre au coeur de Paris.

La journée a également été marquée par une passe d’armes politique, le gouvernement imputant les violences à “l’ultradroite”. Les partis d’opposition, à droite comme à gauche, ont répliqué en lui reprochant de vouloir réduire le mouvement aux violences et de rester sourd aux revendications des manifestants.

En milieu d’après-midi, près de 81 000 manifestants étaient dénombrés à travers la France par le ministère de l’Intérieur, contre 244 000 la semaine dernière à la même heure.

Les “gilets jaunes”, qui arborent ces vestes fluorescentes que chaque automobiliste doit détenir en cas d’accident, dénoncent la hausse des prix du carburant, les taxes et la baisse du pouvoir d’achat. Ils bénéficient d’un fort soutien populaire.

Le ministère de l’Intérieur a fait état de dix-neuf blessés (dont 4 parmi les forces de l’ordre), contre 106 la semaine dernière. Vingt-deux personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue.

La célèbre avenue des Champs-Élysées, à Paris, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, a été le principal théâtre des incidents de la journée.

Dès le milieu de la matinée et jusqu’en fin d’après-midi, des manifestants se sont opposés aux forces de l’ordre en jetant des projectiles et en construisant des barricades, que gendarmes et policiers anti-émeutes repoussent à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Les pompiers sont intervenus pour éteindre divers feux de barricades, qui dégageaient une épaisse fumée noire s’ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes. Le calme est revenu en début de soirée.

De nombreuses actions pacifiques — manifestations, opérations escargots ou péages gratuits — se tenaient par ailleurs un peu partout en France, dans le cadre de cette deuxième grande journée de mobilisation, une semaine après le début du mouvement.

“Je me suis mobilisé autant pour ma grand-mère qui est retraitée que pour l’avenir de mon fils de 3 ans”, a déclaré à l’AFP Mickael, un “gilet jaune” de l’Est de la France, qui participait à une opération péage gratuit sur l’autoroute.

Même à Paris, à part chez un noyau dur de manifestants, l’ambiance se veut pacifique: “On n’est pas là pour casser du flic, on est venu pour que le gouvernement nous entende, qu’il entende son peuple. Ici on veut pas de politique, pas de syndicat. Nous dénonçons la violence des pseudo-manifestants”, a déclaré à l’AFP Laetitia Dewalle, 37 ans, une des porte-parole des gilets jaunes.

Cet “acte 2”, n’a toutefois pas rencontré le succès de la mobilisation de samedi dernier, quand près de 300 000 personnes ont bloqué axes routiers et sites stratégiques partout en France. Une semaine de blocages qui se sont progressivement essoufflés avait suivie.

Si les “gilets jaunes” se décrivent comme une mouvance hors des partis et des syndicats, les incidents de samedi ont toutefois provoqué des réactions politiques.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a directement ciblé la patronne de l’extrême droite française, Marine le Pen, estimant que des “séditieux” avaient répondu à son appel à défiler sur les Champs-Elysées.

Mme le Pen a immédiatement répliqué, à la télévision, en précisant qu’elle n’avait “jamais appelé à quelque violence que ce soit”.

“Castaner voudrait que la manifestation des #GiletsJaunes soit d’extrême droite et peu nombreuse. La vérité est que c’est la manifestation massive du peuple”, a de son côté tweeté Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de la France Insoumise (gauche radicale).

Le mouvement peut compter pour l’instant sur un large soutien des Français: selon un sondage de l’institut BVA, ils sont 72% à approuver les revendications des “gilets jaunes”, excédés par la hausse d’une taxe destinée à financer la transition énergétique qui a amplifié la flambée des prix des carburants.

Reste à savoir si cette mobilisation va infléchir la politique du président Emmanuel Macron, directement ciblé par les slogans des manifestants, qui scandaient “Macron démission” et “Macron, rends le pognon”.

Pour l’heure le chef de l’État qui ne s’est pas exprimé samedi n’a pas manifesté l’intention de revenir sur le rythme de ses réformes pour “transformer” la France mais il devrait donner mardi un “cap pour la transition écologique”, assurant avoir “reçu le message des citoyens”.

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