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Le patron de la Fed réaffirme son indépendance avec force

WASHINGTON, DC - NOVEMBER 28: Chairman of the Federal Reserve nominee Jerome Powell testifies during his confirmation hearing before the Senate Banking, Housing and Urban Affairs Committee November 28, 2017 on Capitol Hill in Washington, DC. Powell will succeed Janet Yellen to be the next Federal Reserve Board chairman if confirmed by the Senate. (Photo by Alex Wong/Getty Images) Photo: Alex Wong/Getty Images

Le patron de la Banque centrale américaine (Fed) a réaffirmé avec force vendredi l’indépendance de l’institution qu’il dirige et fait savoir sans hésitation qu’il ne démissionnerait pas si le président Donald Trump le lui demandait.

«Non», a lancé sans hésitation Jerome Powell quand on lui a demandé s’il donnerait sa démission si le président des États-Unis le lui demandait, lors d’une table ronde à Atlanta (Géorgie).

M. Powell a été l’objet de très nombreuses attaques de la part de Donald Trump qui lui reproche la hausse des taux d’intérêt décidée par la Fed.

L’hôte de la Maison Blanche voit les relèvements monétaires comme une erreur risquant de réduire à néant sa politique économique, un avis partagé par de nombreux investisseurs et économistes qui jugent que la Fed ne voit pas les signes de ralentissement que commence à donner la première économie du monde.

M. Powell pour sa part a insisté sur le fait que la Fed n’avait pas de politique pré-établie et que son institution réagirait rapidement et avec souplesse à tout signal de l’économie.

M. Powell a indiqué qu’aucune entrevue avec le président n’était prévue à ce stade, semblant démentir des informations de presse selon lesquelles les conseillers de Donald Trump tentaient d’arranger un rendez-vous entre les deux hommes pour tenter d’apaiser les tensions.

«Je n’ai aucune nouvelle à ce sujet. Rien n’est prévu», a souligné M. Powell, qui a été nommé à la tête de la Fed par Donald Trump.

La Banque centrale américaine a relevé en décembre ses taux d’intérêt d’un quart de point, le quatrième resserrement du coût du crédit de l’année mais a mis de l’eau dans son vin concernant 2019 face à des signes de ralentissement de l’économie aux États-Unis mais aussi dans le monde et en particulier en Chine.

De façon tout à fait inhabituelle pour un président, M. Trump avait fait pression jusqu’au dernier moment sur la Fed pour tenter d’empêcher le tour de vis.

Relever les taux d’intérêt serait «une erreur», «le seul problème de notre économie, c’est la Fed», avait-il tweeté récemment.

Ses gouverneurs «ne sentent pas le marché» avait-il également écrit face à la chute des marchés qu’il estime être le thermomètre du succès de sa politique.

M. Powell a aussi profité de cette conférence pour rappeler que «la Fed a une culture très solide pour agir de manière apolitique et nous nous engageons à remplir les objectifs qui nous ont été fixés par la loi de manière totalement apolitique sur la base de nos meilleures réflexions, de perspectives diverses. C’est ce que nous ferons toujours».

«C’est profondément ancré dans l’ADN de toute personne qui passe du temps à la Fed et je veux que le grand public le sache», a-t-il martelé.

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