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La jeunesse au secours d’une planète longtemps négligée

La jeunesse au secours d’une planète longtemps négligée
Photo: Adam Berry/Getty ImagesGreta Thunberg et des élèves allemands manifestent à Hambourg.

Les nouvelles générations, dont c’est l’avenir qui est en jeu, s’investissent pleinement dans la lutte contre les changements climatiques. En cette Journée internationale de la biodiversité, Métro a voulu en apprendre plus sur ces initiatives florissantes.

Élévation du niveau de la mer ou encore disparition des ressources naturelles, les conséquences des changements climatiques de la Terre sont nombreuses; et toutes sont vouées à s’aggraver dans les prochaines décennies. Les enfants peuvent éveiller la conscience environnementale de leurs parents, selon une étude menée par des chercheurs de l’université américaine de l’État de Caroline du Nord (NCSU) et publiée dans la revue Nature Climate Change.

«Parce que la perception des enfants des changements climatiques semble peu susceptible d’influencer la vision globale du monde ou le contexte politique, ils peuvent néanmoins sensibiliser les adultes un à un à leurs préoccupations pour les faire agir», indiquent les auteurs de la recherche.

Jusqu’à présent, cette action collective nécessaire pour atténuer et s’adapter aux changements climatiques «est extrêmement difficile à mettre en place, principalement à cause des préjugés socio-idéologiques qui perpétuent la polarisation autour de ce sujet» explique Danielle F. Lawson de la NCSU.

Greta Thunberg peut être citée en exemple. Cette Suédoise de 16 ans a instauré une grève de l’école et une manifestation chaque vendredi devant le Parlement suédois afin d’attirer l’attention des politiciens sur les changements climatiques. Huit mois après sa première protestation, #FridaysForTheFuture est devenu un mouvement planétaire et Greta Thunberg a même été proposée pour le Prix Nobel de la Paix. Elle est aussi devenue l’une des voix les plus écoutées sur le sujet.

«Les parents conservateurs, les parents de filles et les pères sont parmi ceux qui se sentent le moins concernés par les changements climatiques.» –Danielle F. Lawson, auteure principale de l’étude qui confirme que les enfants peuvent sensibiliser efficacement leurs parents.

«#FridaysForTheFuture n’est pas une organisation, mais un mouvement que jeunes et adultes ont rejoint partout dans le monde», a expliqué à Métro Isabelle Axelsson, porte-parole de #FridaysForTheFuture à Stockholm. «Cela a commencé avec la Suédoise Greta Thunberg qui s’est tenue devant le Parlement suédois à Stockholm le 20 août 2018, pancarte à la main, sur laquelle il était inscrit qu’elle était en grève de l’école. Depuis le deuxième jour de sa protestation, de plus en plus de jeunes l’ont rejoint et c’est comme ça que le mouvement a commencé! On estime qu’il y a eu plus de 1,8 million de manifestants dans le monde.»

Partout sur le globe, de plus en plus de jeunes ont pris conscience que les adultes leur avaient légué une crise aux conséquences désastreuses.

«C’est mon avenir, notre avenir, qui en a été affecté et ce n’est pas juste», commente Isabelle Axelsson.

« Si nous, les enfants, ne faisons rien, cela va nuire à nos vies, à la vie de nos enfants et à toute la vie sur cette planète. Cette crise a déjà tué des millions et en menace davantage!» –Isabelle Axelsson, porte-parole de #FridaysForTheFuture

Cette lutte n’est pourtant pas si simple à mener. Gérer son temps entre les grèves et l’école est l’un des principaux obstacles auquel les jeunes font face en participant au mouvement #FridaysForTheFuture.

«Mais une bonne organisation est généralement utile. Il y a aussi quelques climato-sceptiques qui aiment perturber notre travail. Bien sûr, il existe des professeurs et des écoles qui sont très critiques à l’encontre des jeunes et des enfants en grève, ce qui est dommage mais pas surprenant. Nous y arrivons malgré tout!» conclut Axelsson âgée de 17 ans. «Il n’y a pas de profil-type pour #FridaysForTheFuture. Chacun est invité à se joindre aux grèves locales!»


  • Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) ont augmenté de presque 50% depuis 1993.
  • De 1880 à 2012, la température globale moyenne a augmenté de 0,85°C.
  • Pour chaque hausse de température supplémentaire de 1 degré, les récoltes céréalières déclinent d’environ 5%.