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Un juge bloque le projet de Trump sur le mur frontalier

Un juge bloque le projet de Trump sur le mur frontalier
Photo: Mario Tama / Getty ImagesDes enfants regardent à travers la barrière frontalière américano-mexicaine.

Un juge fédéral américain a provisoirement bloqué vendredi la décision de Donald Trump d’utiliser des fonds du ministère de la Défense pour financer le mur qu’il veut faire bâtir à la frontière avec le Mexique.

La décision a été prise par Haywood William, juge fédéral du district Nord de Californie. Elle porte un coup au projet du président républicain, qui a invoqué l’«urgence nationale» afin de pouvoir recourir à des fonds destinés à l’armée pour faire avancer la construction de ce mur en contournant le refus du Congrès en majorité démocrate de le financer.

Les membres du gouvernement de M. Trump «sont requis de ne prendre aucune mesure en vue de construire une barrière frontalière» dans deux zones proches des villes de Yuma (Arizona) et d’El Paso (Texas) «en utilisant des fonds redirigés par le Dod», a statué le juge Gilliam, désignant par son acronyme le département américain de la Défense.

Ce juge a déclaré avoir pris cette décision préliminaire parce que les plaignants pourraient démontrer que des responsables de l’administration «ont outrepassé leur autorité».

Donald Trump a quant à lui annoncé qu’il faisait «appel selon une procédure accélérée» de cette décision : «Un autre juge militant nommé par Obama vient de statuer contre nous à propos d’une section du Mur du Sud qui est déjà en construction. C’est une décision contre la sécurité des frontières et en faveur du crime, des trafics de drogue et d’êtres humains», a-t-il écrit dans un tweet.

Ce recours en justice, le premier d’une longue série, a été engagé par une vingtaine d’États américains, emmenés par les bastions démocrates de Californie et de New York, ainsi que par la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU et des organisations de protection de l’environnement comme le Sierra Club et un groupement de communautés frontalières.

Les auteurs des plaintes déposées à Oakland, dans le nord de la Californie, estiment que l’«urgence nationale» décrétée le 15 février par Donald Trump pour débloquer des fonds fédéraux destinés notamment à des dépenses militaires, malgré l’opposition du Congrès, contrevient à plusieurs dispositions constitutionnelles.

Le bras de fer au sujet des fonds destinés à la construction du mur avait à l’époque provoqué la fermeture partielle de l’administration fédérale pendant 35 jours, une durée record.

Pour bâtir ce mur censé endiguer l’immigration clandestine en provenance d’Amérique latine — l’une de ses principales promesses de campagne et un enjeu électoral fort pour sa réélection en 2020 —, le président Trump entend notamment utiliser 3,6 milliards de dollars de fonds fédéraux destinés à la construction d’installations militaires. Il veut aussi mobiliser 2,5 milliards de dollars devant bénéficier à la lutte contre le trafic de drogue.

Au total, le Congrès ne lui a accordé qu’1,4 milliard pour financer une portion de barrière au Texas.

«Nous applaudissons la décision prise aujourd’hui par le tribunal de protéger notre Constitution, les communautés et l’environnement», a déclaré dans un communiqué Gloria Smith, une avocate du Sierra Club.

 

Agence France-Presse