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Henrique Capriles : «Les élections doivent être recommencées»

Photo: Wilfredo Rodriguez/Wikimedia Commons
Jacobo Garcia et Daniel Lozano - Metro World News à Caracas

Henrique Capriles sait qu’il passe à l’histoire : il a acculé au pied du mur son rival, lors de l’élection qui a eu lieu plus tôt ce mois-ci. Il a obtenu seulement 210 000 votes de moins que Nicolas Maduro, qui succède donc à Chavez. Les irrégularités dénoncées par le chef de l’opposition ont forcé le recomptage de 12 000 boîtes de bulletins de vote. Pendant ce temps, le pays est soumis à des tensions politiques alors que s’affrontent des manifestants et des partisans du gouvernement. Le chef de l’opposition vénézuélienne s’entretient avec Métro à propos de la récente élection présidentielle et de sa course très serrée contre Nicolas Maduro, l’allié de longue date d’Hugo Chavez.

Quelles sont les principales irrégularités détectées par l’opposition?
Dans 54 % des votes, qui ont déjà été vérifiés, nous avons remarqué des irrégularités dans des endroits où Maduro avait reçu 1000 % plus de voix que Chavez lors de la dernière élection. Maintenant nous nous attaquons au 46 % restants. Il y a 18 000 boîtes, mais nous avons accepté de vérifier seulement 12 000 – pas seulement de les ouvrir, mais de réviser les votes, le pointage et la liste d’électeurs, ce qui est le «cœur de l’opération». C’est de cette façon que nous pourrons voir si quelqu’un a voté plusieurs fois ou si des gens morts ont voté. Nos plaintes spécifiques portent sur ​​la violence dans les écoles, les votes assistés, du prosélytisme dans les écoles et des gens qui ont voté deux ou trois fois.

Que pensez-vous qu’il sortira de ce recomptage?
Les élections devront être recommencées au complet, sinon partiellement. Ce recomptage englobe un grand nombre d’électeurs. Nous ne le faisons pas pour amincir la distance entre la deuxième et la première place, mais pour nous donner la victoire.

Allez-vous accepter le résultat du recomptage?
Les résultats seront présentés partout au pays et au monde entier. Tous les yeux sont rivés sur nous et ils verront le résultat du recomptage. Alors, il y aura preuve que le gouvernement agit dans la légitimité ou non.

Faites-vous confiance à la Cour suprême pour contester les élections?
Nous n’avons pas confiance, mais il y aura une bataille. La vérité triomphera. Je ne veux pas spéculer sur ce qui arrivera, mais depuis cette élection, le monde entier nous observe. C’est comme au Pérou à l’époque du président Alberto Fujimori, quand le pays est retourné aux urnes après un an. L’illégitimité pose un problème gigantesque d’incapacité à gouverner, c’est la grande différence avec l’illégalité.

Récemment, vous avez été blâmé pour huit morts…
Ces cas de violence sont des mensonges. Nous avons enquêté sur ces décès et nous savons qu’ils ne sont pas le résultat de violence politique, mais bien de la violence habituelle au Venezuela. Cinquante personnes meurent par des armes à feu chaque jour, et ces morts ne semblent pas avoir d’importance.

Il y a également eu des cas rapportés de persécution de fonctionnaires, en représailles pour les résultats des élections…
C’est typique des régimes fascistes : la chasse aux sorcières collective. Nous ne sommes pas optimistes à propos du système de justice vénézuélien, mais nous le sommes envers les organisations internationales. J’ai reçu des informations concernant des membres des forces armées qui étaient obligés de prendre des photos de leur reçu de vote. Un gouvernement qui fonctionne comme ça ne peut survivre à long terme.

Allez-vous continuer les «caceroladas» (les protestations avec des chaudrons et des poêles)?
Nous verrons. Il s’agit d’une lutte pour la vérité, je demande de la patience et de la tolérance. Nous avons un programme qui cherche la vérité et des solutions pour améliorer l’économie.

Quelles sont vos demandes envers la communauté internationale?
Soyez à l’affût de ce qui se passe au Venezuela et ne tournez pas la page, parce que la page est toujours en train de s’écrire.

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Henrique Capriles

Naissance : Henrique Capriles Radonski, né le 11 juillet 1972 (40 ans). Ses parents descendent d’immigrants (hollandais du côté de son père et juif polonais et russe du côté de sa mère. Ses grands-parents maternels ont fui l’antisémitisme en Pologne.)
Passé

  • Avocat de formation : À 26 ans, il devient le plus jeune législateur vénézuélien, puis remporte la mairie de la municipalité de Caracas. Il obtient le poste de gouverneur de Miranda en 2008.
  • En tant que gouverneur, il s’est fait connaître en conduisant une moto et en se rendant dans des bidonvilles pour superviser les projets et pour parler aux électeurs de la classe ouvrière.
  • Pendant l’élection présidentielle d’octobre 2012, il s’est présenté comme candidat de la coalition Unité démocratique, un groupe d’une vingtaine de partis unis dans l’opposition contre Chavez.
  • Connu pour son style informel, il porte des vêtements décontractés et une casquette.

Dans les médias
Il a perdu contre Nicolas Maduro, le successeur choisi par Chavez lors de l’élection présidentielle plus tôt ce mois-ci. Il a perdu par moins de 2 %, soit 265 000 votes.

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