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Francisco del Río, consul général du Mexique à Montréal: «Le Mexique va bien»

Photo: Getty Images

Le Mexique, pays carte postale gorgé de soleil… et de violence. Alors que la disparition irrésolue de 43 étudiants hante le pays depuis le 26 septembre, le gouvernement mexicain a promis de rompre le cycle d’impunité dans lequel le pays est enlisé. Métro a fait le point mercredi avec le consul général du Mexique à Montréal, Francisco del Río.

Que sait le gouvernement mexicain sur les événements du 26 septembre dernier?
Des étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa s’étaient rendus dans la ville d’Iguala pour manifester. Le maire a cru qu’ils étaient venus perturber un discours prononcé par sa femme; il a alors déployé ses forces policières, qui ont ouvert le feu sur les étudiants. Six d’entre eux sont morts, dix-sept autres ont été blessés. Puis les policiers ont mis en état d’arrestation 43 étudiants, avant de les remettre à un groupe criminel appelé les Guerreros Unidos. Ceux-ci les ont pris, les ont tués, les ont incinérés. Puis, les restes ont été jetés dans une rivière.

Diriez-vous que la justice règne au Mexique?
Non, bien sûr que non. Cette tragédie a mis en lumière certaines faiblesses de nos institutions. Mais le gouvernement entend mettre en place les réformes nécessaires pour les fortifier, notamment une centralisation des corps policiers, l’implantation d’une plus grande transparence au sein de l’administration, et l’éradication des petites injustices quotidiennes qui favorisent la corruption locale.

On a l’impression que ces réformes ont été mises en place en réaction à l’indignation suscitée par les événements d’Iguala.
Plusieurs de ces réformes avaient été envisagées avant la disparition des étudiants. Elles ne sont donc pas proposées en réaction à l’ampleur des manifestations. Ces manifestations ne constituent d’ailleurs pas une révolte: c’est une réaction des gens qui ne sont pas d’accord et qui demandent des solutions. Le gouvernement écoute tout ça. Une des grandes victoires de notre État de droit, c’est la liberté d’expression. Il faut la préserver et écouter les gens qui en font usage dans le cadre de la loi.

«Nous sommes un pays démocratique. Nous sommes la quatrième économie du continent. Nos finances sont saines. Nous sommes un pays qui va bien.» – Francisco del Río, consul général du Mexique à Montréal

Plusieurs Mexicains estiment que le virage économique mis en branle par le gouvernement d’Enrique Peña Nieto ne vaut pas la peine d’être accompli, s’ils doivent continuer à craindre que leurs enfants meurent s’ils vont manifester.
C’est l’avis, peut-être, de quelques-unes de vos connaissances. Mais nous avons connu beaucoup de manifestations, et les cas de séquestrations, par exemple, demeurent infimes.

Le gouvernement mexicain a-t-il fait des excuses officielles aux familles des 43 étudiants disparus?
À ma connaissance, il n’en a pas fait, mais je ne comprends pas pourquoi le gouvernement aurait dû en présenter: c’est une tragédie qui a eu lieu à un niveau essentiellement local.

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