Crise des migrants: la Pologne durcit le ton face au projet de quotas
ARSOVIE, Pologne — La Pologne opposera un veto à toute tentative par l’Union européenne de contraindre les États membres à accepter un nombre précis de migrants, a prévenu mardi le ministre de l’Intérieur.
La Pologne et d’autres pays s’étaient objectés l’an dernier à un plan qui prévoyait la répartition de plus de 120 000 migrants provenant d’Afrique et du Moyen-Orient parmi les membres de l’UE.
Varsovie a accepté d’accueillir 7000 demandeurs d’asile, mais aucun migrant économique, d’ici la fin de 2017.
Mariusz Blaszczak a prévenu que la Pologne entend opposer un veto à tout nouveau projet de répartition qui comprendrait l’imposition de quotas, par crainte que cela n’encourage encore plus de migrants à prendre le chemin de l’Europe.
La Pologne estime que l’on doit aider les réfugiés à l’extérieur de l’Europe, par exemple dans des camps situés près de leurs pays d’origine.
Environ 53 pour cent des Polonais s’opposent à l’arrivée de migrants, tandis que 41 pour cent croient qu’on devrait seulement leur offrir un hébergement temporaire, selon un sondage dévoilé mardi. Seulement 4 pour cent des personnes interrogées estiment que les migrants devraient être accueillis sur une base permanente.
Le ministre Blaszczak a ajouté que la Pologne introduira “probablement” des contrôles frontaliers temporaires en juillet, lorsqu’elle accueillera un sommet de l’OTAN et une assemblée de jeunes avec le pape François.
De leur côté, les premiers ministres tchèque et slovaque ont estimé mardi que l’Europe doit se doter d’un “plan B”, si jamais on en vient à la conclusion que la Grèce est incapable de protéger la frontière de l’UE. Ils ont déclaré que les mesures “nécessaires” devront être prises le long des frontières entre la Grèce, la Macédoine et la Bulgarie.
En Allemagne, l’État de la Bavière menace d’intenter une poursuite en justice au gouvernement fédéral s’il ne parvient pas à sécuriser la frontière et à endiguer le flot de réfugiés.
Enfin, la Garde côtière turque a repêché les corps de quatre migrants, dont trois enfants, qui se sont noyés quand le navire de leur passeur a coulé en route vers la Grèce. Les corps ont été retrouvés près de la petite île grecque de Farmakonissi.