Maïtée Labrecque-Saganash

S’informer sur le diabète

S’informer sur le diabète

À sa dernière grossesse, ma sœur a souffert de diabète gestationnel, aussi connu sous le nom de diabète de grossesse. À un certain point, elle devait se piquer à l’insuline plusieurs fois par jour, pour maintenir son taux de sucre. On lui a dit que ça arrivait souvent chez les Autochtones, sans vraiment lui donner plus d’explications. 

Jusqu’à tout récemment, je pensais que je n’étais aucunement à risque d’être atteinte de diabète si je n’étais pas en surpoids, car c’est toujours comme ça qu’on me l’avait présenté. Jusqu’à ce que je travaille avec des gens du domaine de la santé. Là, on m’a expliqué que j’avais des prédispositions génétiques vu que je suis autochtone, et que mes chances de souffrir de diabète étaient encore plus élevées si des gens de ma famille en étaient atteints.

J’ai un peu paniqué et je suis allée vérifier mon taux de sucre. Un petit 4.9, ce qui est apparemment très bien. Mon infirmière m’a rassurée en me disant que plusieurs de mes habitudes de vie aidaient à prévenir le diabète de type 2, qu’on voit énormément sur le territoire d’Eeyou Istchee. Selon ses dires, bien manger est important. Faire de l’exercice aide mon pancréas à produire de l’insuline, donc à réguler le taux de sucre dans mon sang. Je fais du powerlifting quatre fois par semaine, donc de ce côté-là, tout est beau. Elle m’a aussi dit qu’avoir arrêté de fumer était une excellente initiative. Une autre collègue m’a rassurée en m’expliquant que ce n’est pas parce que ma sœur a souffert de diabète de grossesse que j’étais nécessairement à risque d’être atteinte de diabète de type 2. Les femmes autochtones, noires et asiatiques ont des prédispositions. Elle m’a toutefois indiqué que le diabète gestationnel pouvait être un indicateur d’un risque accru d’en souffrir plus tard dans sa vie.

Selon le dernier rapport du Cree Health Board sur le diabète en Eeyou Istchee, 26,7 % des adultes de plus de 20 ans vivent avec le diabète. Selon le même rapport, les femmes sont plus souvent touchées que les hommes. Pourquoi le nombre de personnes vivant avec le diabète est-il aussi élevé chez les Cris? On me dit que le changement de mode de vie a beaucoup joué sur nos habitudes alimentaires. La sédentarisation et l’accès plus facile à de la nourriture comportent leur lot d’inconvénients. Il faut aussi comprendre que certaines communautés sont des déserts alimentaires, et que les aliments sains sont plus chers.

«Le diabète est en train de tuer notre nation», s’exclamait il y a deux semaines Chef Thomas Jolly à la conférence sur la santé du Cree Nation Youth Council. Les communautés et les entités cries déploient des efforts monumentaux pour nous sensibiliser au besoin d’avoir des bonnes habitudes de vie. La communauté de Nemaska se lance même dans un projet de serre pour avoir plus facilement accès à des aliments sains. Le Cree Health Board a aussi publié le livre Sweet Bloods of Eeyou Istchee pour rendre les statistiques plus humaines et partager les récits de ceux qui vivent avec le diabète. Ça, c’est sans parler du travail que les nutritionnistes font sur le territoire.

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