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14:00 24 mars 2021 | mise à jour le: 24 mars 2021 à 14:10 temps de lecture: 3 minutes

Féminicides: combien de femmes doivent être sacrifiées pour qu’on réagisse?

Féminicides: combien de femmes doivent être sacrifiées pour qu’on réagisse?

Il y a un an, l’AREQ sortait publiquement pour demander qu’on enraye les féminicides une fois pour toutes, dans une lettre ouverte parue dans plusieurs médias : Prenons enfin le féminicide au sérieux! Depuis? On voit croître les féminicides, des femmes de tous âges et origines pour qui des hommes se sont donné le droit de leur enlever la vie. Si le meurtre des femmes était une pandémie, le Québec serait en zone rouge. Pourtant non, rien. Le gouvernement réfléchi. Encore dans les derniers jours, une femme aînée a été assassinée avec sa fille. Ce n’est plus le temps de réfléchir, agissons!

Comment agir?

Ça tombe bien, le gouvernement regorge de rapports et de recommandations pour faire face concrètement au problème. Il suffit d’un peu de volonté et de moyens. En décembre dernier, le Comité d’experts sur l’accompagnement des personnes victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale a déposé un rapport qui comprenait 15 chapitres et 190 recommandations. Qu’arrive-t-il de ces recommandations? Espérons que nous n’avons pas, encore une fois, dépensé de précieux deniers publics pour un rapport qui sera tabletté.

L’heure est grave. Les besoins sont criants et visiblement encore plus grands depuis le début de la crise de la pandémie. Le budget provincial sera déposé le 25 mars et il faudra y trouver, au minimum, un rehaussement du financement des maisons d’hébergement pour victimes de violence. Ce budget sera une occasion pour ce gouvernement de démontrer qu’il passe à l’action pour lutter contre ce fléau et d’appliquer les recommandations des experts. Prenons le temps d’en énumérer quelques-unes :

  • Permettre aux victimes d’accéder à des conseils juridiques gratuits dès la dénonciation;
  • Assurer un soutien et une information continue aux victimes à toutes les étapes du processus judiciaire;
  • Accompagner et soutenir les victimes à l’étape de l’exécution de la peine;
  • Assurer la cohérence des décisions de justice criminelles, familiales ou en protection de la jeunesse entre elles, notamment en créant un poste de coordonnateur judiciaire;
  • Instaurer un tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale;
  • Développer des formations spécialisées pour les intervenants médicaux et psychosociaux/judiciaires, les policiers, les avocats, les procureurs et les juges en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale;
  • Offrir un accompagnement continu aux victimes par un intervenant stable, qu’elles choisissent ou non de dénoncer le crime ou de judiciariser leur situation, comprenant une rencontre avant toute dénonciation formelle à la police;
  • Intégrer les services offerts aux victimes.

Nous n’avons pas lutté au Québec pendant des décennies pour l’égalité de droit et de fait entre les femmes et les hommes pour nous lever chaque matin en voyant un nouveau féminicide dans le journal.

Les femmes et Notre société valent mieux que ça!

Lise Lapointe, présidente de l’AREQ

Christiane Potvin-Lapalme, secrétaire et responsable politique du comité national des femmes de l’AREQ,

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