Perspective
05:00 24 mai 2020 | mise à jour le: 29 mai 2020 à 09:55 temps de lecture: 3 minutes

Santé mentale et confinement: à quoi peut-on s’attendre?

Santé mentale et confinement: à quoi peut-on s’attendre?
Photo: 123rf.com

Plus de deux mois après avoir mis le Québec sur pause, le gouvernement annonce au compte-gouttes les mesures de son plan de déconfinement. Alors qu’une confusion a régné un certain temps sur l’interdiction ou non des consultations en personne des psychologues, une étude parue cette semaine met en lumière les ravages de la pandémie sur la santé mentale des jeunes Canadiens.

«C’est une excellente nouvelle parce que ça maximise les possibilités de consultations.» La présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou, se réjouit de la reprise des rendez-vous en personne depuis le 6 mai entre les thérapeutes et leurs patients. Jugés essentiels, les services de psychologie n’avaient pas entièrement cessé pendant le confinement, car «les cas urgents pouvaient toujours être vus en face à face» précise Mme Grou.

Pour les autres, les consultations sont restées accessibles grâce à la télépratique, mais «la chose n’était pas possible pour tout le monde, car il faut être outillé et avoir un espace confidentiel à la maison, ce qui n’est pas toujours évident quand on est confiné avec enfants et famille», tempère-t-elle.

Dans une étude parue jeudi, on apprend que près de 40% de jeunes Canadiens de 12 à 17 ans ont peur de contracter le coronavirus. Ce rapport appelle ainsi la population à ne pas négliger l’impact psychologique de l’anxiété causée par la pandémie. Avec l’amorce du déconfinement dans la province, c’est dire si le rôle des psychologues est primordial.

Réalisé avec l’Association d’études canadiennes et l’Institut Vanier, le rapport s’est penché sur la perception de la COVID-19 chez 1200 jeunes à travers le pays, entre le 29 avril et le 5 mai dernier.

Leur conclusion semble unanime. Autant chez les jeunes de 12-14 ans que chez les 15-17 ans, l’anxiété de contracter soi-même le coronavirus frise les 40%. Ce chiffre bondit respectivement à 66% et 75% quand il s’agit de la peur qu’un proche immédiat tombe malade.

Vers des cas de stress post-traumatique?

La présidente de l’Ordre parle également de l’augmentation de l’anxiété (hypocondrie, peur de la contamination, idées obsédantes, détresse associée à la peur, attaques de panique, etc.) comme la première des conséquences psychologiques du confinement sur la population en général. Selon elle, on a aussi pu constater des symptômes de la lignée dépressive (découragement, épuisement, difficultés de sommeil et d’appétit, etc.).

Avec les situations de ceux qui ont perdu un proche ou des professionnels de la santé qui ont vu des gens mourir – parfois dans des conditions difficiles –, Mme Grou s’attend à ce qu’«un pourcentage de ces gens vivent probablement un syndrome de stress post-traumatique».

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