Santé
09:44 28 août 2020 | mise à jour le: 28 août 2020 à 11:33 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: un virus mutant moins agressif, selon une étude

Coronavirus: un virus mutant moins agressif, selon une étude
Photo: Andreas Rentz/2020 Getty Images

Depuis l’émergence du syndrome respiratoire aigu sévère du coronavirus 2 (SRAS-CoV-2), des chercheurs de partout dans le monde travaillent à cartographier la diversité génétique du virus et pour en identifier les variantes. Une récente étude publiée en ligne sur le site BioEMedicine de The Lancet démontre l’apparition d’un virus mutant devenu moins agressif.

L’étude s’est penchée sur les effets d’une perte (on dit délétion dans le langage scientifique) majeure dans le génome du SRAS-CoV-2 sur la gravité de l’infection et la réponse inflammatoire. Comme avec les derniers cas du SRAS en 2003, les gens seraient moins malades.

«La variante ∆382 provoque une maladie cliniquement significative, précisent les chercheurs, y compris une pneumonie, mais les infections ont tendance à être plus bénignes que celles causées par le virus de type sauvage [virus originel], avec une libération de cytokines moins prononcée pendant la phase aiguë de l’infection.».

C’est que les virus se modifient au fur et à mesure qu’ils progressent dans la population. Dans le cas du SRAS-CoV-2, les experts ont découvert que l’une de ses composantes, la variante ∆382, s’est mutée depuis la version d’origine.

Il faut comprendre que les virus possèdent du matériel génétique différent du nôtre, explique le professeur de l’UQAM au Département des sciences biologiques, Benoit Barbeau, lequel a tendance à muter car il est composé d’ARN (une «cousine» de l’ADN humain). Et M. Barbeau n’en est pas surpris. Ce serait un élément connu des chercheurs qui s’intéressent aux virus.

Par le passé, poursuit M. Barbeau, on avait observé que le SRAS-CoV-2 avait tendance à être instable, c’est-à-dire à muter vers d’autres formes, ce qui ouvre davantage la porte à la découverte d’un vaccin efficace et fiable.

On sait donc que la variante ∆382 du SRAS-CoV-2 a muté. La conséquence, selon l’étude citée plus haut, serait que l’individu qui est atteint par cette nouvelle forme du virus serait moins malade qu’avec la version originale.

«Les virus peuvent présenter plusieurs vagues d’infection et les prochains mois nous permettront de  savoir si tel est le cas pour ce virus [le nouveau coronavirus]. À noter que les coronavirus sont toujours présents dans la population humaine et comptent pour 30% des cas de rhume commun.» – Benoit Barbeau, professeur à l’UQAM

L’étude de l’équipe menée par Barnaby E. Young et plusieurs autres collaborateurs semble suggérer que le mutant ∆382 est plus présent dans la population et semble avoir pris une importance plus grande que le sauvage, celui identifié initialement dans la cohorte étudiée.

Le virus mutant ∆382 était déjà connu, mais la nouvelle étude démontre qu’il est moins agressif.

Le même type de phénomène a aussi été observé pour les virus SARS-CoV de chauves-souris, avec une disparition similaire de cette fraction du génome codant pour la protéine ORF8, indique M.-E. David dans un article sur son site.

Vers la fin de l’épidémie de SRAS, en 2003, explique-t-elle, les séquences des génomes provenant des virus prélevés sur les derniers patients contaminés étaient exemptes du gène codant pour ORF8, ce dernier ayant été supprimé du matériel génétique du virus d’origine. Cette suppression pouvant être associée à une forme d’adaptation à l’hôte.

Dans une précédente étude chinoise portant sur 63 échantillons de SARS-CoV – le virus de 2003 –, les chercheurs ont noté des variations majeures dans la région du génome viral où se situe le gène ORF8, celui aussi en cause dans le nouveau coronavirus, explique Mme David.

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