Société

Aurélie Rivard, championne de paranatation

Aurélie Rivard prendra part aux Jeux paralympiques pour la troisième fois. Photo: Gracieuseté Comité paralympique Canadien

La triple médaillée d’or des Jeux paralympiques de Rio prend la tête d’Équipe Canada aux jeux de Tokyo qui commencent aujourd’hui. La paranageuse de 25 ans s’est confiée à Métro sur son parcours et la résilience que son sport lui a inspirée. 

La natation n’était pas le sport préféré d’Aurélie Rivard durant son enfance. «Je n’avais pas du tout le rêve olympique quand j’étais petite, et encore moins celui des paralympiques», assure-t-elle. C’est lorsqu’elle s’est mise à s’entraîner pour le simple plaisir d’être dans l’eau, vers 11 ans, qu’on a repéré son talent.

«J’ai découvert un autre monde dont je suis tombée amoureuse. Quand je suis allée aux Jeux pour la première fois, j’ai su que c’était ce que je voulais faire le plus longtemps possible». En parallèle de sa carrière athlétique, Aurélie Rivard étudie le droit à l’université pour éventuellement se spécialiser dans les dossiers civils.

En 2019, Aurélie Rivard elle a remporté pas moins de cinq médailles aux championnats du monde de paranatation à Londres. Ces victoires ont marqué un moment charnière dans sa carrière.

«Ça a été un tremplin pour tout le reste, se souvient-elle. J’ai retrouvé mon cœur d’enfant. Je ne pense pas que j’aurais le succès que j’ai en ce moment, si je n’avais pas traversé cette épreuve.»

En contexte de pandémie, Aurélie Rivard a orienté son attention vers ce qu’elle pouvait contrôler: son alimentation (un régime équilibré et riche en œufs), son sommeil et ses entraînements. «À défaut de pouvoir voir mes rivaux ou de voyager – toutes des choses auxquelles je m’accrochais avant – j’ai maximisé l’entraînement et la récupération», estime-t-elle.

La nageuse passe environ 25 heures par semaine dans l’eau. Les nombreuses compétitions exigent aussi de vivre régulièrement dans les bagages et les hôtels. «Ton outil de travail, c’est ton corps. Tout ce que tu lui donnes affecte les performances, donc c’est d’autant plus important de s’offrir la meilleure nourriture et la plus grande qualité de sommeil possible.»

Célébrer la différence

Née avec une main gauche sous-développée, Aurélie Rivard a été victime d’harcèlement scolaire pendant son adolescence. «J’étais dans une période très sombre. J’avais changé d’école, je faisais des crises de panique à répétition et j’avais développé un trouble alimentaire», raconte-t-elle.

À la croisée des chemins, l’adolescente a choisi de se concentrer sur une ligne noire, celle qu’elle voyait tous les jours dans le fond de la piscine. «La natation m’a redonné confiance en mes capacités et une estime de moi que j’avais perdue», affirme-t-elle.

Vivre et compétitionner avec un handicap lui a aussi enseigné de célébrer sa différence, plutôt que de la camoufler. «À l’adolescence, notre but se résume souvent à devenir comme tout le monde, puis j’ai réalisé que c’est en fait un cadeau d’être différent et qu’on peut en être fier.»

Si elle n’a qu’un conseil à donner aux futurs aspirants olympiques, c’est celui de se concentrer sur soi. «Il faut être égoïste, dans le sens où il faut être à l’écoute de soi-même. Il faut se centrer sur nos aspirations et ne pas avoir peur de les affirmer. Cela m’a épargné beaucoup de stress inutile en compétition, mais aussi dans la vie en général.»

Porte-étendard du Canada à la cérémonie de clôture de Rio 2016, la nageuse a été l’étoile du Canada aux Jeux de Rio, ayant récolté trois médailles d’or et une médaille d’argent. Aurélie Rivard mènera cette fois-ci l’équipe du Canada aux prochains Jeux paralympiques de Tokyo. Ces derniers seront les troisièmes Jeux auxquels l’athlète prendra part.

Tokyo 2020

Les Jeux paralympiques de Tokyo 2020, reportés en raison de la pandémie, se dérouleront du 24 août au 5 septembre 2021 au Japon. Plus de 130 athlètes canadiens y sont attendus.

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