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Québec doit en faire plus contre les violences sexospécifiques, dit un regroupement

Photo: istock

Face au constat d’un accès limité au système judiciaire pour les femmes victimes de violences sexospécifiques, un rapport né d’une longue programmation de recherche met en avant différentes recommandations adressées au gouvernement provincial et aux acteurs du système judiciaire québécois. Le regroupement à l’origine du rapport appelle le gouvernement fraîchement réélu à entendre ses recommandations et à agir en conséquence.

«On espère vivement que les recommandations qui sont issues de ces recherches-là auront un réel écho et que ça fasse en sorte que les réformes en cours puissent vraiment permettre de régler les problèmes constatés, explique la coresponsable des dossiers politiques du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau. On appelle le ministre de la Justice Jolin-Barrette et le tout nouveau ministre de la Sécurité publique Bonnardel à y donner suite.»

Un des constats montre la nécessité de sensibiliser et de former davantage l’ensemble des acteurs du système judiciaire. Cela inclut les différents corps policiers, incluant les patrouilleurs, mais aussi les avocats et juges.

«Si une victime se présente à un intervenant, un policier ou un procureur et que le contact est empreint de préjugés et qu’on n’a pas tout le savoir-être nécessaire, on risque d’avoir une victime qui se vire de bord, explique Louise Riendeau. C’est aussi important que l’ensemble des acteurs et actrices soient formés, car si toute la chaîne n’avance pas en même temps, c’est contreproductif.»

Ce sont des décisions que le gouvernement doit prendre en étant guidé par des échanges continus avec des groupes qui œuvrent en matière d’exploitation sexuelle, d’agressions sexuelles et de violences conjugales.

Jennie-Laure Sully, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)

Que sont les violences sexospécifiques?

Les violences sexospécifiques sont des violences basées sur le sexe ou le genre d’une personne. La présente étude s’est focalisée sur les trois catégories de violences sexospécifiques faites aux femmes que sont l’agression sexuelle, la violence conjugale et l’exploitation sexuelle. Elle a été menée en trois phases et a requis la collaboration de chercheurs du milieu universitaire et communautaire avec différents organismes travaillant auprès des femmes victimes de violences.

De nombreuses recommandations rejoignent celles du rapport Rebâtir la confiance, déposé en 2020 et produit par le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. Celui-ci formulait 190 recommandations, dont la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale.

Plus de collaboration et d’adaptation

L’étude fait aussi état de la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents acteurs des milieux judiciaires et communautaires. Elle souligne également qu’il est primordial de reconnaître et de valoriser l’expertise des intervenant.e.s communautaires.

Pour mieux accompagner les femmes autochtones, l’étude recommande la mise en place de services adaptés à leurs réalités. Ces services devraient être disponibles dans les différentes langues autochtones. Les résultats montrent aussi l’importance d’accommoder les victimes en tenant compte de leurs propres réalités, qu’elles soient physiques ou culturelles. L’objectif est d’assurer un environnement judiciaire sécurisant pour les victimes de violences sexospécifiques.

Vers un meilleur accompagnement

Afin d’assurer un soutien et un suivi permanent et étroit, l’étude recommande une amélioration de l’information fournie aux victimes quant au déroulement et à la progression de leur processus judiciaire. Elle recommande aussi une écoute plus soutenue des victimes pour veiller à ce que leurs besoins et leurs craintes soient entendus.

«Il faut travailler à l’amélioration du parcours des femmes dans ce système judiciaire. Celui-ci doit être un parcours qui se fait dans la confiance et qui doit faire en sorte que les femmes sentent qu’elles sont prises en considération et que l’accès à la justice n’est pas qu’un vœu pieux, mais un objectif atteignable et réalisable», explique Jennie-Laure Sully.

Cela requiert plus de ressources pour aider financièrement les victimes et pour leur offrir des services adaptés en santé mentale. Une des recommandations vise notamment le développement de centre de services intégrés en collaboration avec les organismes spécialisés. Les résultats montrent aussi le besoin d’un meilleur référencement des victimes et de leurs proches vers des organismes spécialisés.

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