Volkswagen Eos 2012: un belle occasion d'évoluer… manquée
La «nouvelle» Eos doit se contenter d’une calandre redessinée, horizontalement banale et sans véritable punch. Rien pour se démarquer de celle qui est présente sur le marché depuis cinq ans maintenant. Certes, les phares avant ont bien été retouchés et portent la signature DEL, mais c’est peut-être là le seul véritable changement – qu’on peut applaudir d’ailleurs.
Sinon, c’est du pareil au même. Le quatre cylindres turbo de 2,0 litres, qui équipe à peu près tout ce qui bouge chez Volkswagen (et chez Audi), développe, encore ici, 200 chevaux et 207 lb-pi de couple.
Vrai que c’est doux et souple, que ça permet de bonnes accélérations linéaires et le 0-100 km/h en moins de huit secondes. Mais dans une industrie où la performance augmente tout en devenant de plus en plus synonyme de frugalité, c’est presque reculer que d’apprendre que la consommation n’a pas changé.
C’est aussi un recul que de constater que la boîte manuelle n’est plus là – finie, donc, la variante à plus ou moins 36 000 $. Seule l’automatique DGS (direct shifting gear) à six rapports est maintenant offerte.
On l’a toujours bien aimée, cette DSG, notamment pour l’instantanéité de ses optionnelles palettes au volant. Cette fois, cependant, les démarrages et les reprises se font hésitants – pour ensuite faire décoller la voiture comme un lapin ayant à ses trousses une meute de chiens. C’est tout sauf progressif.
À bord, le confort demeure. Les sièges avant sont enveloppants, et l’espace à la banquette est convenable, bien qu’il faille faire des acrobaties pour y accéder et que les dossiers soient aussi droits que la face d’un singe. Sur le tableau de bord, les commandes se retrouvent là où elles doivent être et elles s’apprivoisent facilement.
Mais quand même : on aurait voulu de la nouveauté et, après cinq ans, on aurait été en droit de l’obtenir. Au-delà du style extérieur, qui ne passera pas à l’histoire, il y a cet intérieur toujours très allemand, à la limite du morne et qui commence vraiment à dater.
Les matériaux et l’instrumentation sont toujours d’une sobriété ennuyante, et aucune innovation ne vient offrir plus d’espace de rangement.
Si la variante de base propose les sièges chauffants et la communication Bluetooth, reste qu’elle ne se soucie pas d’offrir l’ajustement électrique desdits sièges, encore moins les commandes audio au volant. Si on faisait le test, on découvrirait que très peu de voitures dans cette gamme de prix sont aussi «chiches» en équipements.
Bref, l’évolution de la Eos 2012 est trop timide. Volkswagen veut supplanter les GM et Toyota de ce monde pour devenir le no 1 mondial d’ici 2018? Il lui faudrait commencer quelque part.
Personnellement, j’opterais 100 fois plus pour une Mustang – l’autre vraie décapotable quatre places du marché – et j’économiserais près de 10 000 $…
Les pour et les contres
POUR
- Comportement routier onctueux
- Quatre vraies places
- Décapotable au toit ouvrant : ingénieux
CONTRE
- Finie, la boîte manuelle – et donc la variante à 36 000 $
- Peu d’équipements pour le prix
- Absence de technologies d’avant-garde
- Pas plus puissante, pas moins gourmande
- Habitacle morne
- Une nouvelle génération… où ça!?