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Lincoln MKS: «américainement» contemporaine

Si Ford avait toujours produit des véhicules comme la Lincoln MKS, le
constructeur américain ne serait pas en difficulté. Oh, mais attendez :
tout ne va pas si mal pour lui, bien au contraire! Même que depuis le
début de l’année, ses ventes (-7 %) font mieux que le marché (-17 %)…
et même mieux que la plupart des constructeurs japonais!

La grande berline Lincoln MKS constitue un bel exemple de ce qui permet
à Ford de survivre, mieux que ses comparses américains, à la crise
financière. D’abord, la voiture est d’une belle élégance bien
proportionnée, surtout en livrée noire avec appliqués extérieurs de
chrome. Et sa calandre en impose, s’inspirant du prestige de la
Continental 1941, ce qui lui procure une noble présence sur la route.

Dans l’habitacle, les matériaux sont bien choisis, bien assemblés,
l’atmosphère est enveloppante et l’insonorisation est excellente. Les
places sont spacieuses, et si la banquette arrière ne se rabat pas, on
se console grâce à un coffre grand comme une caverne.

On aime que les sièges chauffants et ventilés soient de série. Par
contre, et malgré le volant télescopique et les multiples ajustements
du siège conducteur, je n’ai personnellement jamais trouvé de position
confortable pour le bas de mon dos. Le renflement du soutien lombaire
est positionné beaucoup trop haut, ce qui fait qu’après 15 minutes de
trajet, j’avais déjà envie de changer de position. Les plus grands et
gros gabarits qui ont pris place à bord se sont cependant dits
satisfaits du confort de leur siège.

Simple et pratique
Au lieu de tomber dans la surenchère clinquante des commandes qui fait
qu’on doit se référer au manuel du propriétaire, la Lincoln a su
adopter une planche de bord et des commandes au volant intelligentes et
pratiques.

D’ailleurs, un gros bravo pour son système de navigation, sans doute le
plus complet et le plus facile à apprivoiser de toute l’industrie. Sur
l’autoroute, il prévient des chantiers de construction, de la limite de
vitesse, en plus d’afficher le poste audio syntonisé et la chanson qui
y passe. Besoin de plus d’infos? L’écran tactile permet de trouver
rapidement ce qu’on cherche – on est loin des manettes qu’il faut
pousser, tourner et triturer sur certains modèles concurrents!

L’écran de bord travaille de concert avec la caméra de recul,
c’est-à-dire qu’il transmet ce qui se passe derrière. Le hic :
l’apparition des ima­ges demande de 5 à 10 bonnes secondes, et la
manÅ“uvre est alors terminée. Dommage, parce qu’avec son coffre relevé
qui handicape un brin la vision arrière, la caméra de recul est plutôt
nécessaire.

Sans faire monter à bord trop de technologies d’avant-garde, la MKS
adopte néanmoins le déverrouillage et le démarrage sans clé (on aime,
on aime…). En outre, le régulateur de vitesse intelligent (qui tient
compte de la vitesse du véhicule qui précède) fonctionne bien et est
facile à engager. Voilà qui rend la conduite sur autoroute beaucoup
plus paisible. En option, on peut aussi se payer le toit ouvrant
panoramique à deux panneaux.

En attente d’un autre V6
Sous le capot, c’est un V6 de 3,7 litres qui mène la danse. Ce dérivé
du Ford Edge produit ici 273 chevaux. On attend cet automne, pour la
livrée 2010, un second mo­teur, un V6 à injection directe et double
turbo de 355 chevaux de type Ecoboost.

L’actuel V6 fait très bien son boulot, livrant une puissance mature,
linéaire et suffisante pour pas mal toutes les occasions, dépassements
rapides y compris. Qui plus est, il accepte l’essence régulière.

La séquentielle à six rapports n’est pas toujours d’une douceur
exemplaire en décélération, mais elle est bien étagée et n’impose
presque jamais l’emploi de son mode manuel. Heureusement, parce que
celui-ci n’est pas des plus réactifs.

La suspension indépendante, avec architecture repensée à l’arrière,
fait preuve d’un bel équilibre entre la fermeté et le confort. On n’est
pas dans le «sport», mais on n’est pas dans du «mon’oncle» non plus. La
voiture tient bien la route, merci à la nouvelle plateforme consolidée
de la Taurus. De surcroît, la direction, précise, bien dosée et surtout
pas trop assistée, permet une bonne connexion avec la route.

Voilà qui accorde une belle personnalité à la voiture, un peu comme
pour les Ford Edge et Ford Fusion/Lincoln MKZ : pas ultradynamique
comme les modèles germaniques, pas légère comme certaines japonaises,
mais bien… «américainement contemporaine.» Et ça lui va très bien.

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