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Shapovalov élimine Nadal à la Coupe Rogers

Denis Shapovalov of Canada celebrates after defeating Rafael Nadal of Spain during round of sixteen play at the Rogers Cup tennis tournament Thursday August 10, 2017 in Montreal. THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson Photo: Paul Chiasson | La Presse canadienne
Michel Lamarche, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Si les amateurs de tennis du Québec souhaitaient voir une finale entre Rafael Nadal et Roger Federer à la Coupe Rogers, ça n’a pas vraiment paru jeudi soir autour du court central du Stade Uniprix!

Encouragé par une foule en délire, et grâce à une démonstration de talent et de détermination extraordinaires, le Canadien Denis Shapovalov a causé une gigantesque surprise en éliminant le favori de la Coupe Rogers, l’Espagnol Rafael Nadal, en trois manches de 3-6, 6-4, 7-6 (4), au terme d’un spectaculaire duel de 2 h 46 minutes.

En créant une deuxième grande surprise en autant de jours après sa victoire face à Juan Martin del Potro, Shapovalov est devenu, à l’âge de 18 ans et trois mois, le plus jeune quart de finaliste depuis la création des Masters 1000, en 1990.

«Tout se passe très vite dans ma tête en ce moment. C’est beaucoup de choses à absorber. En toute honnêteté, je suis reconnaissant d’être dans cette position. Si je n’avais pas sauvé ces quatre balles de match en première ronde, je n’aurais pas eu l’occasion de jouer contre Juan Martin ou ‘Rafa’.»

Du premier au dernier point, le public n’a jamais cessé de soutenir l’athlète de 18 ans. Ce dernier le leur a rendu en affichant un cran insoupçonné de la part d’un blanc-bec classé 143e au monde, qui ne disputait que son 13e match chez les professionnels contre un adversaire qui a collectionné 15 titres du Grand Chelem.

«Jamais je ne me suis retrouvé dans une enceinte sportive où les spectateurs étaient si bruyants. C’est tellement agréable de faire partie d’un moment comme celui-là et de les voir m’appuyer. Je ne pense pas que je serais dans cette position sans eux», a affirmé Shapovalov, qui est demeuré debout pendant son point de presse pour éviter de souffrir de crampes aux jambes.

Son cran, il l’a démontré au deuxième set, quand il a brisé le service de Nadal dès le deuxième jeu, après avoir perdu de façon crève-coeur la première manche.

Il l’a montré encore plus lors d’un spectaculaire jeu de 14 minutes 30 secondes au troisième set, marqué par dix scores de 40-40, et que Shapovalov a arraché pour se donner une avance de 2-1 dans la manche, non sans sauver trois balles de bris au passage.

Et il l’a étalé en toutes sortes d’autres circonstances grâce à de puissants services, certains étant chronométrés à près de 215 km/h, et à l’aide d’audacieux coups gagnants près des lignes, venant autant du coup droit que du revers, qui l’ont aidé à inscrire 49 coups gagnants contre seulement 18 pour Nadal. Il a également réussi neuf as.

Sa ténacité et son acharnement lui ont rapporté lors du bris d’égalité alors qu’il a comblé un recul de 0-3. Shapovalov a mis fin au match avec un coup droit en parallèle avant de se laisser choir sur le dos.

«Je pense que je suis demeuré assez calme et que j’ai bien joué lors des moments cruciaux. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais moins tendu qu’hier. J’ai joué de façon relâchée pendant le bris d’égalité. Mais c’est difficile de vraiment décrire comment je me sentais pendant le match. C’a été très dur mentalement et physiquement. ‘Rafa’ est un tel guerrier. Je suis tellement heureux d’avoir gagné. Là, je suis fatigué et je veux aller me coucher.»

Pour Nadal, aucune défaite depuis le début de 2017 n’a fait plus mal que celle de jeudi.

«C’est ma pire défaite de la saison parce qu’elle survient contre un joueur classé bas, et à cause de l’opportunité que j’avais de redevenir le numéro un mondial ici. C’est une mauvaise défaite, je dois l’accepter et continuer de travailler», a déclaré Nadal, qui a rencontré les médias quelques minutes seulement après son élimination.

Invité à comparer Shapovalov à lui-même alors qu’il avait le même âge, l’Espagnol n’a pas voulu s’aventurer sur ce territoire. Mais il s’est tout de même montré élogieux.

«Il a bien joué, il possède un très grand potentiel et je lui souhaite ce qu’il y a de mieux. Il a tout pour devenir un grand joueur. Il affiche la bonne détermination aux bons moments. Mais on ne peut comparer. Laissons-le avoir sa carrière, et ne le comparons pas aux autres. Ça ne sera probablement pas bon pour lui. J’ai fait mon chemin. Laissons-le faire le sien.»

Shapovalov se mesurera maintenant au Français Adrian Mannarino. Tombeur du Canadien Milos Raonic mercredi soir, Mannarino a continué son parcours avec un gain en deux manches identiques de 6-3 face à Hyeon Chung, un Sud-Coréen de 21 ans.

Zverev sans ennuis

En début de soirée, l’Allemand Alexander Zverev s’est taillé une place en quarts de finale du volet masculin de la Coupe Rogers grâce à une victoire en deux manches face à l’Australien Nick Kyrgios, 6-4, 6-3.

Dans ce duel entre deux jeunes joueurs susceptibles de devenir, un jour, des numéros un mondiaux, Zverev, quatrième tête de série, s’est montré intraitable, face à un adversaire qui avait livré deux solides performances pour atteindre les huitièmes de finale.

Après avoir été contraint de disputer un marathon de 2 h 31 minutes contre le vétéran français Richard Gasquet mercredi soir, lors duquel il a même dû sauver trois balles de match, l’Allemand de 20 ans n’a eu besoin que de 71 minutes pour accéder au tour suivant.

Lors des situations tendues, Zverev a su tirer les marrons du feu comme le démontrent les huit balles de bris qu’il a sauvées, dont six lors de la première manche. De son côté, il a exploité trois de ses quatre chances de bris, incluant lors du jeu final qu’il a gagné grâce à un joli revers en croisé.

«Je suis satisfait de la façon dont j’ai joué et d’avoir avancé au prochain tour. Contre lui, ce n’est jamais facile parce qu’il possède l’un services les plus puissants et il joue avec un rythme qui varie. J’ai passé beaucoup de temps sur le court hier et c’est bon d’avoir joué un match de deux sets.»

Vendredi, Zverev affrontera le Sud-Africain Kevin Anderson, qui a facilement battu l’Américain Sam Querrey 6-4, 6-1, en une heure.

Anderson a livré une prestation dominante contre un rival de qualité, qui s’était taillé une place jusqu’en demi-finale à Wimbledon, il y a environ un mois. Il a inscrit 11 as et n’a fait face à aucune balle de bris, tout en réalisant quatre bris en huit chances.

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