Les Alouettes n'ont pas perdu espoir
MONTRÉAL — Kavis Reed en a surpris plus d’un, mardi, quand il a envoyé le porteur de ballon Tyrell Sutton aux Lions de la Colombie-Britannique en retour d’un choix de deuxième tour en 2019. Certains ont même conclu que cette transaction signifiait que le directeur général des Alouettes de Montréal avait mis une croix sur la saison 2018. Ce n’est pas le cas dans le vestiaire de l’équipe.
«C’est légitime de se poser cette question, même de la part des joueurs, a admis le centre-arrière Patrick Lavoie. Il faudrait demander à Kavis: je crois que seul lui a la vraie réponse.
«Comme joueur, ça ne devrait pas changer notre façon de jouer et de se préparer en vue des prochains matchs et de tenter d’en gagner le plus possible. Au final, nous verrons si on est en mesure de participer aux éliminatoires ou pas.»
Lavoie perd par contre plus qu’un coéquipier dans cette transaction.
«C’est certain que ça fait mal: c’était un gars apprécié dans le vestiaire, un bon vétéran, qui connaissait tous les aspects de l’attaque sur le terrain. Il aidait les jeunes. C’est un gros morceau qu’on perd, a ajouté le numéro 81. Personnellement, c’est aussi un ami. J’ai eu la chance de jouer avec lui quand il est arrivé dans la LCF en 2013 et il est l’une des raisons pour lesquelles j’étais content de revenir à Montréal. En même temps, ça va donner l’occasion à d’autres jeunes joueurs de prendre la relève et de montrer ce qu’ils savent faire.»
Le principal bénéficiaire de cette transaction sera sans aucun doute William Stanback, qui prend du galon avec le départ de Sutton. L’Américain de 24 ans aurait par contre aimé compter sur le vétéran Sutton encore quelque temps.
«Je suis heureux d’avoir croisé son chemin, a-t-il dit après l’entraînement de jeudi. Il m’a appris le plus qu’il a pu le temps que nous avons joué ensemble. J’apprécie beaucoup ce qu’il a fait. Je le considère comme un grand frère. Cette ligue est complètement différente de tout ce que je connaissais du football américain: les règles, les dimensions du terrain, etc. C’est lui qui m’a tout montré. Je lui en suis très reconnaissant. Je comprends qu’il y a un côté business à tout ça, mais je suis attristé par son départ.»
Stanback s’est d’ailleurs empressé de contacter Sutton quand il a appris la transaction. Ce dernier lui a prodigué un dernier conseil.
«Il m’a souhaité bonne chance et m’a dit d’accepter ce rôle, de devenir le joueur que l’organisation souhaite que je sois.»
Six semaines d’audition
Avec l’arrivée de Stanback, la blessure à la jambe que Sutton a subie et qui l’a tenu à l’écart du jeu pendant six semaines est survenue à un bien mauvais moment et a grandement influencé la suite de sa carrière. Pendant son absence, Stanback a profité d’une audition comme on en obtient bien peu au football professionnel.
«Il y a toujours cette pensée (qu’on puisse ravir le poste à un partant) derrière la tête, mais je ne voulais que faire tout ce qui était en mon pouvoir pour aider l’équipe à gagner, a indiqué Stanback. Sa blessure n’a permis que de me donner plus de temps pour me mettre en valeur auprès de l’organisation. Mais j’aurais souhaité qu’on joue davantage ensemble.»
Maintenant campé dans le siège du demi partant, Stanback sait trop bien qu’il ne peut rien prendre pour acquis.
«On ne m’a rien promis. C’est comme ça partout. Alors je vais faire comme je faisais auparavant: travailler fort chaque jour, écouter ce que l’on me dit et faire ce que l’on me dit de faire.»