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Alex Turcotte: un autre Américain à surveiller

Simon Servant, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Si Jack Hughes a déjà une longueur d’avance comme premier choix du prochain repêchage de la LNH, d’autres compatriotes américains devraient également retenir l’attention au Rogers Arena. C’est notamment le cas d’Alex Turcotte.

Contrairement à Hughes et à d’autres espoirs en vue du repêchage de 2019, Turcotte n’enflamme pas les réseaux sociaux actuellement. Blessé au bas du corps, il n’a pris part qu’à deux matchs cette saison. Toutefois, les amateurs de hockey junior seraient fous de le laisser filer sous leur radar.

Doté d’une très bonne vision, d’un coup de patin explosif et d’une intelligence hors pair dans toutes les facettes du jeu, Turcotte a fait écarquiller les yeux grâce à de très bonnes performances aux Championnats du monde des moins de 17 ans et des moins de 18 ans. Récemment, la Centrale de recrutement de la LNH l’a qualifié d’espoir de catégorie A, faisant de lui un potentiel choix de première ronde.

Lorsqu’il a amorcé la campagne, Turcotte avait l’intention de talonner Hughes pour le premier échelon, même s’il estime qu’aucun joueur ne pourra le déloger. Cependant, un contact plutôt anodin est venu contrecarrer ses plans.

«C’était une mise en échec normale. Un jeu bizarre, a fait savoir le joueur de centre de cinq pieds 11 pouces et 189 livres. Je sais que les blessures vont arriver et ça fait partie du sport, mais je m’ennuie de partager la patinoire avec mes coéquipiers. Ça me motive à revenir plus fort.»

Malgré tout, pendant sa guérison, Turcotte a l’occasion de regarder à l’oeuvre ses coéquipiers de l’équipe des moins de 18 ans du programme de développement des États-Unis. Et plus particulièrement Hughes, son meilleur ami.

Les deux jeunes hommes ont vu leur chemin se croiser en 2011, lors d’un tournoi estival à Edmonton. Turcotte jouait pour les Blackhawks Junior de Chicago tandis que Hughes portait les couleurs des Bulldogs de Toronto. Sans surprise, ils ont rempli le filet plusieurs fois. Depuis ce temps, ils sont pratiquement inséparables.

«C’est là que notre amitié a commencé et nos parents sont restés en contact, a mentionné Turcotte. Nous nous entendons très bien hors de la patinoire et nous nous forçons à nous dépasser sur la glace. J’apprends beaucoup de lui et j’espère que c’est la même chose de son côté.»

En juin, l’équipe des moins de 18 ans du programme de développement des États-Unis devrait d’ailleurs connaître la meilleure récolte de son histoire en première ronde, pour une même saison. Outre Turcotte et Hughes, les attaquants Matthew Boldy, Trevor Zegras, Cole Caufield et Marshall Warren, les défenseurs Cameron York et Alex Vlasic ainsi que le gardien Spencer Knight sont tous pressentis pour être sélectionnés parmi les 31 premiers choix.

«C’est un très bon programme. C’est probablement la meilleure chose qui se soit produite pour la majorité des joueurs ici, a insisté Turcotte. Les joueurs sont tellement compétitifs que ça te rend meilleur. Il y aura toujours de la pression sur nous parce que c’est notre année de repêchage, mais je trouve que tous les joueurs gèrent bien cette situation.»

Une affaire de famille

Malgré sa consonance francophone, le nom de Turcotte n’est pas le plus connu sur la scène québécoise. La province se trouve malgré tout au coeur de ses racines de joueur de hockey.

Le joueur de centre a vu le jour à Island Lake, en Illinois, et les quelques mots français qu’il est capable de prononcer trahissent sans contredit ses origines. Mais lorsqu’on recule un peu plus loin dans son arbre généalogique, les liens avec le Québec se font par eux-mêmes.

Le jeune homme de 17 ans vient d’une famille de hockey. Une vraie. Son père Alfie a été repêché en première ronde par le Canadien de Montréal, en 1983. Son oncle Jeff est né à Montréal et il a disputé trois saisons dans la Ligue de l’Ontario alors que son grand-père Réal a grandi à East Angus, en Estrie, et a porté les couleurs des Spartans de l’Université Michigan State. Alex souhaite maintenant devenir la deuxième génération de joueur à enfiler un chandail d’une équipe de la LNH.

«Ce sont de gros souliers à remplir, mais j’ai tellement appris d’eux et ils ont m’ont déjà beaucoup aidé dans ma jeune carrière, a-t-il déclaré. Mon père sait à quel point c’est un gros défi de jouer dans la LNH et c’est bien de pouvoir lui poser des questions à ce sujet. La ligue a beaucoup changé depuis son dernier match, mais il m’incite à travailler le plus possible parce que cet aspect du jeu n’a pas changé.»

Au terme de son passage avec l’équipe nationale des moins de 18 ans, Turcotte poursuivra sa carrière avec les Badgers de l’Université du Wisconsin. Plus jeune, il encourageait les Spartans et il aurait pu suivre les traces de son grand-père, mais il a vécu un coup de foudre lors de sa visite au Wisconsin et il a ressenti une belle chimie avec l’entraîneur-chef Tony Granato, qui a connu une carrière de 13 saisons dans la LNH.

«Lorsque le processus de recrutement s’est amorcé, je suis tombé amoureux du campus et du personnel d’entraîneurs, a affirmé Turcotte. Je ne pouvais pas passer à côté de cette occasion et je crois que Tony et les autres entraîneurs peuvent m’aider à m’améliorer et à atteindre la LNH. Mon grand-père n’a pas été déçu et il voulait que je fasse mon propre choix.»

Alfie avait été sélectionné avec le 17e choix du repêchage. Alex est déjà prêt à le taquiner s’il parvient à entendre son nom plus rapidement.

«C’est sûr à 100 pour cent que je vais lui en parler, a lancé le fils en riant. Pour le moment, c’est lui qui a les droits de vantardise dans la famille.»

Peu importe qui aura l’occasion de se vanter, le temps nous dira s’ils deviendront le huitième duo père-fils de l’histoire à être repêché en première ronde de la LNH et à y disputer au moins un match.

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