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L’Impact à l’ère de la vision globale

L’Impact à l’ère de la vision globale

Le nom de Walter Sabatini flottait dans l’air des rumeurs bolognaises depuis quelques mois déjà. Lundi, Free 2 Be Holdings Inc. – la société mère du Bologne FC et de l’Impact de Montréal –, confirmait l’embauche de ce directeur sportif aguerri, qui aura pour mission de coordonner et d’arrimer les opérations soccer des deux équipes.

Il s’agit d’un pas déterminant vers cette intégration des deux clubs, souhaitée par Joey Saputo, et dont il nous avait donné les grandes lignes en octobre dernier lors d’une table ronde avec des membres des médias montréalais.

La vision globale de Saputo s’éclaircit donc, et la structure locale prend forme, autant du côté administratif que sportif. «J’ai trouvé un président à Bologne et un autre ici [Kevin Gilmore], expliquait le propriétaire mardi. Après, ce sont les directeurs sportifs et les entraîneurs. Il fallait quelqu’un au sommet de la pyramide, un directeur sportif global qui allait superviser les deux organisations.»

En Sabatini, les deux clubs trouvent un «gourou» du football, comme l’a qualifié Saputo.

Son CV, qui comporte le nom d’institutions comme la Lazio, Palermo, l’AS Roma, l’Inter Milan, pour ne nommer que celles-là, est ponctué de beaux succès, mais surtout d’un travail colossal de recrutement de jeunes talents à haut potentiel de revente. À la Roma, il a notamment été à l’origine de l’arrivée d’Erik Lamela et de Marquinhos, transférés au prix fort, respectivement à Tottenham et au PSG, après avoir offert un bon rendement sportif dans la capitale italienne.

Selon un calcul du portail italien Calcio e Finanza, en cinq ans, Sabatini aura laissé à la Rome un profit découlant de transferts de près de 200 M$, ce qui parle assez du pif de l’homme, mais surtout de ses connexions dans les meilleures pépinières de la planète foot.

Reste maintenant à espérer que ce savoir-faire profitera autant au Bleu-blanc-noir qu’au Rossoblù. C’est bien d’avoir un grand-frère qui possède tout plein de beaux jouets, mais encore faut-il qu’il sache les partager et faire preuve de considération envers son cadet.

À cet égard, la nomination du prochain directeur sportif de l’Impact est on ne peut plus cruciale : avec un grand patron du volet sportif italien basé à Bologne, il devient d’autant plus important que Montréal ait quelqu’un qui connaisse la maison, ainsi que le marché MLS, de fond en comble et qui puisse mettre son pied à terre pour faire valoir les besoins et les réalités du club.

La balle est dans le camp de Gilmore et de Sabatini, qui se rencontreront prochainement pour entamer le processus de nomination, qui, une fois complété, viendra colmater une grave brèche dans la structure sportive montréalaise.

Lentement mais sûrement, l’Impact de Montréal se dote donc de structures dignes d’un club professionnel. Il faudra cependant qu’il sache le faire en conservant et en développant son identité montréalaise… québécoise. Une valeur que cette organisation a su maintenir avec brio depuis sa création et qui devient un élément encore plus crucial à l’ère de la vision globale.