Mémoire et paris sportifs ne font pas bon ménage
Alors que les séries éliminatoires battent leur plein dans la Ligue nationale de hockey, des chercheurs annoncent avoir démontré que la mémoire humaine peut nuire à la capacité de prédire des résultats.
Les individus tendent à se servir de leurs souvenirs d’événements similaires récents pour prédire ce qui s’en vient. Pourtant, il ne s’agit pas d’une méthode probante, estiment des chercheurs en psychologie cognitive de l’Université de Montréal et de la University College de Londres. Leur recherche a aussi permis de déterminer la méthode idéale de prédiction, qui pourrait s’avérer utile pour les radiologistes, les analystes financiers, les météorologues et les gamblers.
D’après les deux auteurs, Gyslain Giguère et Bradley C. Love, la méthode de prédiction utilisée instinctivement par la plupart des gens n’est pas optimale parce qu’elle fait appel à un échantillon restreint de résultats aléatoires sélectionnés au hasard par leur mémoire et qui ne reflètent pas les résultats les plus probables. Les deux chercheurs ont ainsi voulu démontrer qu’on pouvait s’entraîner à mieux prédire des résultats sportifs. Leur conclusion : les gens deviennent plus compétents à prédire des résultats lorsqu’on les y entraîne dans un contexte idéalisé, plutôt que dans un contexte réel, en raison des distorsions créées inévitablement par la mémoire humaine.
Leur étude est publiée ce mois-ci dans Proceedings of the National Academy of Sciences.