Soutenez

Vidéo: Kingsbury cherchera le seul honneur qui lui manque

MONTRÉAL – D’ouvreur de piste à Vancouver en 2010 à champion olympique aux prochains Jeux de Sotchi, le défi est de taille mais semble définitivement à la portée de Mikaël Kingsbury.

Le palmarès du jeune skieur acrobatique de Deux-Montagnes parle de lui-même. Aucun autre bosseur n’a connu plus de succès que lui dans l’ensemble des quatre dernières saisons.

À seulement 21 ans, il totalise déjà 19 victoires et 35 podiums en 47 épreuves de Coupe du monde. Et à ses deux globes de cristal récompensant sa domination au classement général des saisons 2011-2012 et 2012-2013, il revendique aussi le titre de champion du monde.

Il n’est donc guère étonnant qu’il fasse figure de favori dans l’épreuve des bosses à Sotchi, même s’il devra faire face à la redoutable opposition du champion olympique en titre, nul autre que son coéquipier Alexandre Bilodeau.

Les deux skieurs sont d’ailleurs engagés dans une lutte à finir cette saison. Si Kingsbury a remporté les trois premières épreuves de la saison de la Coupe du monde, Bilodeau a répliqué en gagnant les trois autres et s’emparant du maillot jaune de leader du circuit.

Amateur de hockey, Kingsbury a bien résumé la situation à l’issue de la dernière épreuve, disputée à la mi-janvier à Val St-Côme, en disant qu’on a droit à un quatre-de-sept et qu’il reste un match à disputer à Sotchi.

Celui qui a commencé le ski acrobatique à l’âge de huit ans et qui s’est taillé une place au sein de l’équipe nationale à 16 ans n’a jamais eu peur de la pression. En fait, il s’en sert pour soutirer le meilleur de lui.

«Une de mes plus grandes qualités, c’est ma force mentale, avoue-t-il candidement. Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours bien géré la pression, notamment en compétition.»

On pourrait difficilement le contredire. À ses deux présences aux championnats du monde, l’événement qui se rapproche le plus des Jeux olympiques, il est monté sur le podium des quatre épreuves qu’il a disputées.

Et l’an dernier, lors de l’épreuve test disputée à Sotchi et comptant pour la Coupe du monde, il s’est offert la victoire, comme il l’avait fait un an plus tôt lors de sa première prise de contact avec la piste olympique dans le cadre d’une Coupe d’Europe.

«C’était mon objectif. Avec mon entraîneur, je me suis préparé pour cette course comme si c’était les Jeux olympiques. Comme j’ai toujours bien géré ma pression, si je réussis à faire à Sotchi ce que je fais d’habitude, ça devrait bien aller.»

Les conditions climatiques changeantes au Parc Rosa Khutor, où auront lieu les épreuves de ski acrobatique, ne l’inquiètent pas outre mesure

«Nous sommes plus habitués à des conditions hivernales. Là-bas, la neige est lourde et mouillée. Ça change tout le temps. Mais j’y suis allé deux fois et j’ai tout vu sur cette piste. J’ai pourtant gagné les deux fois. On dit jamais deux sans trois…»

Il entend par ailleurs profiter de son expérience olympique au maximum, car il est bien conscient que l’occasion pourrait ne plus se représenter.

«Les JO, c’est comme un ‘one shot deal’. Tu peux peut-être vivre l’expérience deux ou trois fois. Mais tu n’as pas l’occasion de te reprendre souvent.»

Contrairement à bien d’autres athlètes qui ont besoin de faire le vide autour d’eux avant une compétition, Kingsbury a développé une routine bien à lui.

«Quand je suis arrivé en Coupe du monde, j’étais jeune et il m’a fallu trouver une approche qui convienne à ma personnalité. Je ne suis pas un gars qui a besoin d’être dans sa bulle pendant une heure avant une course.

«Je suis plus celui qui va jaser avec mon entraîneur de n’importe quoi. S’il y a une télévision en haut de la piste, je vais regarder les autres descendre, consulter les chronos. Ça me calme et, quand je suis prêt à faire ma descente, j’y vais à fond.»

[wpvideo bqvIoovA w=640]

Évolution rapide
Même s’il vivra à Sotchi ses premiers Jeux olympiques en tant qu’athlète, il estime que son expérience à Vancouver en tant qu’ouvreur de piste lui sera profitable. Il avait d’ailleurs été le dernier à descendre avant la finale, offrant une performance qui selon certains aurait pu lui permettre de monter sur le podium s’il avait été de la compétition.

«J’ai vécu ça différemment qu’un olympien. Je n’étais pas stressé du tout, j’étais là pour offrir un spectacle. J’ai pu observer la foule et me faire plaisir. J’ai exécuté de plus gros sauts que les finalistes. C’était ma façon de me faire connaître puisque c’était la première fois que je pouvais me faire voir sur la scène internationale.»

Bien entendu, et il est le premier à l’admettre, il a évolué depuis. En fait, son apprentissage s’est fait en accéléré.

«Ça ne fait que quatre saisons que je suis sur le circuit de la Coupe du monde. Je ne me considère pas encore comme un vétéran mais, comme j’ai obtenu beaucoup de bons résultats, j’ai acquis plus d’expérience que d’autres qui sont là depuis le double du temps tout simplement parce que j’ai pu vivre plus de descentes.»

Et son sport et ses succès lui procurent toujours autant de satisfaction.

«J’aime tous les aspects de mon sport. Le fait d’exécuter des sauts, de négocier trois ou quatre bosses à la seconde, d’avoir à composer avec des conditions de neige différentes, de tenir compte des chronos. J’aime aussi avoir à prendre des décisions en une fraction de seconde, ce qui peut faire la différence entre une 10e position et la victoire. Tout se joue en l’espace d’une vingtaine de secondes.

«Chaque fois que j’arrive en bas de la piste et que je vois le no 1 à côté de mon nom, je suis content. Chaque podium est unique. Tu ne t’habitues jamais à gagner.»

Après s’être inspiré d’un coéquipier comme Bilodeau, qui a sensiblement un parcours similaire au sien, Kingsbury avoue qu’il a encore du mal à se voir comme un modèle pour les plus jeunes.

«Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps c’est moi qui regardait les autres. Puis récemment, je me retrouve en Suisse et je suis dans la remontée avec un gars qui a mes skis, mes bottes, mes lunettes et mon casque. C’est ‘cool’, mais ça fait drôle.

«J’aime bien ce rôle et je vais toujours essayer de donner l’exemple autant dans le sport que dans ma vie en général.»

S’il a fait très tôt son deuil d’une carrière de hockeyeur en raison de son physique modeste — 5’9 » et 150 livres — il se verrait bien faire du slopestyle, un sport qui fera ses débuts olympiques à Sotchi.

«Je me débrouille bien dans les sauts et je pratique souvent ce sport avec mes amis dans les parcs à neige.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.