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Super Bowl : les jeux de la faim?

Dimanche soir, c’était le Super Bowl. Je ne vous apprends fort probablement rien. D’ailleurs, les Seahawks l’ont emporté assez facilement. Mais ça aussi, j’imagine que vous le saviez déjà.

C’est que c’est difficile, de nos jours, de passer à côté du cirque entourant le Super Bowl et du gargantuesque déploiement médiatique autour de celui-ci. Y’a pas à dire, il ne s’agit plus ici d’un sport d’initiés.

Le Super Bowl est une fête rassembleuse et captivante. Pourrait-on parler d’une fête potentiellement dangereuse?

Non, mais il ne manquerait pas grand-chose.

J’ai eu la dystopique expérience d’attraper The Hunger Games à la télé quelques heures avant le botté d’envoi du Super Bowl d’hier et, proximité oblige, mon cerveau s’est mis à faire des tours sur lui-même.

Super Bowl, The Hunger Games, vous me voyez venir?

L’Amérique entière est pendue aux lèvres du réseau FOX le dimanche du Super Bowl. Plusieurs heures avant la rencontre, la chaîne de télévision articule sa programmation autour de la fête annuelle du football et tout gravite autour du match qui se déroulera en soirée. Un match comme les autres, mais pas du tout comme tous les autres matchs.

Reportages, entrevues, recettes, pauses commerciales, etc. La programmation est variée, le thème commun et le fond de la trame suinte d’un patriotisme affiché. Des hélicoptères aux publicités pour les forces armées en passant par une lecture stylisée de la déclaration d’indépendance, le spectacle de la NFL rassemble une nation autour d’une même bannière.

Un peu comme les Hunger Games qui, pour être bref, tisse serré une société autour d’un spectacle cruel et violent sous prétexte d’orchestrer la paix globale.

Loin de moi l’idée de comparer la NFL et le football professionnel au spectacle assassin de la série de romans et de films à succès, mais la correspondance est plus facile à établir qu’on ne le voudrait.

Hypothétiquement, disons que FOX orchestre le sacrifice d’un joueur sur le terrain afin de punir les coups à la tête et la violence antisportive. Au-delà du paradoxe fondamental de l’exercice, est-ce que le spectacle cesserait pour autant? N’aurait-on pas la même dose de commentaires positifs, négatifs ou neutres par rapport à l’exercice?

Tous les ingrédients sont là pourtant. Il y a une grosse machine derrière le Super Bowl et des sommes faramineuses sont investies dans la promotion et l’élaboration de celui-ci. Quelle serait la limite, concrète, qui freinerait le spectacle?

«The show must go on.»

On l’entend souvent celle-là. Est-ce qu’un rituel sacrificiel saboterait le tout?

C’est ridicule développé ainsi, mais l’extrême appliqué ici développe un malaise réel. Est-ce que les festivités du Super Bowl sont dangereuses? Trop rassembleuses peut-être? Trop indécentes au niveau monétaire? Trop, trop?

J’aime la NFL, j’adore la NFL même. La fin de la saison est un deuil pour moi chaque année.

Mais le totalitarisme m’effraie, et ce, au-delà de mon amour du sport. Quand je vois l’excès de patriotisme dans ma télé et le cœur de l’Amérique qui ne bat qu’au rythme de ce seul et même match, parfois, ma tête tourne.

Ajoutez The Hunger Games à l’équation et puis c’est tout mon corps qui a le tournis.

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BONUS : Une ombre sur le dimanche du Super Bowl, le très talentueux Philip Seymour Hoffman a été retrouvé mort à son domicile en après-midi, il avait 46 ans.

L’un des visages de l’Americana moderne, Hoffman a tourné avec plusieurs des meilleurs cinéastes de sa génération. Pour P.T. Anderson, Todd Solondz, les frères Coen, Sidney Lumet et Charlie Kaufman, pour ne nommer que ceux-là, Hoffman était un corps malléable par lequel l’émotion à l’état brut trouvait son chemin jusqu’à nos écrans. Un formidable catalyseur pour son art.

J’ai appris à aimer Seymour Hoffman avec Boogie Nights (extrait vidéo) et le très bouleversant Love Liza de Todd Louiso, que je vous recommande d’ailleurs fortement.

Brin d’ironie pour terminer mon billet : Hoffman tenait un petit rôle dans The Hunger Games.

Salut bien bas monsieur Hoffman.

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