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Canadien de Montréal: rêver ensemble

Traverser cet hiver a été une corvée! Avec un diabolique débat identitaire et l’une des campagnes électorales les plus sales, c’était l’enfer. Heureusement, le Canadien était là pour nous unir.

Mon 13e hiver était long. Très long! Les courtes journées grises, frettes et hostiles étaient d’un ennui mortel. Le débat sur la Charte et la campagne du scrutin du 7 avril ont fini par nous saper le moral. Des amitiés ont été perdues et des familles déchirées. Les traces des plaies ouvertes seront difficiles à cicatriser! Mais j’avais toujours la foi.

Mon histoire, je ne me lasserai jamais de la répéter. Hiver 2002, à mon arrivée, une fois j’ai pointé le nez au-delà du grand portail de l’aéroport Dorval, j’ai reçu la vague de froid comme une taloche brutale! J’ai sursauté d’effroi avant de m’engouffrer dans la voiture d’un ami.

Ce mois de mars-là restera mémorable. Depuis la fenêtre du salon, le ciel bleu azur trahissait un froid polaire. Les journées étaient dures, comme celles de tout nouvel arrivant. On se perdait dans les procédures d’accueil. Les corridors de l’immigration étaient glacials, sans aucune chaleur humaine. Mais il y avait le hockey.

Sans repère, sans emploi, je n’avais pas le sou et il ne faisait pas bon déambuler dans les rues au froid sibérien. Les mauvaises nouvelles s’accumulaient et des regards hostiles me mitraillaient. J’étais seul loin des miens. Mais le soir, dans mon semi-sous-sol pourri, je revenais à la vie.

Grâce à ma petite radio, le descripteur de hockey sur la défunte CKAC me transportait dans un rêve, celui d’une équipe cendrillon: le Canadien de Montréal.

Michel Therrien, un jeune entraîneur, essayait d’imposer sa marque dans la grande ligue, un capitaine en rémission de son cancer, Saku Koivu, revenait à la vie et un jeune gardien, José Théodore, brillait de mille feux.

Au lendemain des matchs, je brûlais d’impatience de lire les reportages des journaux sur les Glorieux. D’abord dans mon journal Métro, le temps de mes déplacements, avant de dévorer les autres quotidiens glanés dans la bibliothèque de mon quartier.

Cette version hockey de Cendrillon me permettait de rêver de lendemains plus glorieux. L’esprit d’équipe, un entraîneur saisissant sa chance, un cancéreux qui a tordu le cou à la maladie et un jeune gardien qui s’est taillé sa place au soleil, ces histoires sont devenues mes repères. Je renouais avec une chaleur humaine perdue.

12 ans après, me revoilà renouant avec le bonheur, malgré un 13e hiver pénible. Comme le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, on a tous dansé dans nos salons après chaque victoire. Nous rêvons ensemble.

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