Trois ans plus tard, le Canada se souvient…
VANCOUVER – La dégelée remonte à plus de trois ans, mais elle continue de laisser des traces.
En octobre 2012, l’équipe masculine de soccer du Canada s’est rendue au Honduras à la recherche d’un match nul qui lui aurait permis de se tailler une place pour la dernière ronde de qualifications en vue de la Coupe du monde, au Brésil. Elle a plutôt subi une gênante défaite de 8-1, réduisant à néant tout espoir de participer à la grande fête du soccer mondial pour la première fois depuis sa seule présence, en 1986.
«Je sais que plusieurs d’entre nous y pensent encore, a admis le milieu de terrain Atiba Hutchinson, cette semaine.
«Ça nous a fait très mal.»
Le Canada aura l’occasion de venger cette humiliante défaite lors du premier match de l’avant-dernière de la ronde de qualifications en vue de la Coupe du monde de 2018, alors qu’il accueillera le Honduras vendredi au stade BC Place à Vancouver. Ce sera la première confrontation entre les deux pays depuis le spectacle d’horreur de San Pedro Sula.
«Il s’agit d’une nouvelle équipe, d’une situation différente, a affirmé le milieu de terrain Julian de Guzman qui, tout comme Hutchinson, a vécu la débâcle au Honduras.
«C’est aussi une autre façon d’oublier ce résultat.»
Mais si l’incroyable raclée a retenu presque toute l’attention, le sort du Canada s’est véritablement joué à Toronto, alors que la délégation nationale a dû se contenter d’un verdict nul de 0-0 contre le Honduras. Si le Canada avait gagné cette rencontre, celle qui a été disputée quatre mois plus tard au Estadio Olimpico Metropolitan n’aurait eu aucune signification.
C’est une leçon que les joueurs ont appris à la dure.
«Les parties à domicile ont une grande importance pour nous, a déclaré de Guzman. Lors des dernières qualifications pour la Coupe du monde, c’est ce qui nous a tués.»
Tout en reconnaissant toute l’importance d’une victoire à Vancouver, avant de disputer un match au Salvador mardi, le milieu de terrain Will Johnson croit que le Canada est en meilleure position pour réaliser de bonnes performances à l’étranger sous les ordres de Benito Floro. Ce dernier a remplacé Stephen Hart après l’échec du pays lors de la dernière ronde de qualifications.
«Vous voulez mettre les points en banque aussi rapidement que possible, a rappelé Johnson. L’histoire dit qu’il est obligatoire de gagner le match de vendredi, à cause de ce que le Canada a fait dans le passé. Toutefois, nous avons amorcé un virage et nous nous sentons confiants à l’étranger. C’est donc, maintenant, un match ‘presque obligatoire à gagner’.»
Cette confiance tranquille vient en partie d’une attaque renouvelée qui inclut David (Junior) Hoilett — qui n’a confirmé que récemment qu’il jouerait pour le Canada —et Cyle Larin, élu recrue de l’année dans la Major League Soccer.
Lors de précédents tournois de qualifications, la production offensive s’est avérée le principal handicap, et l’équipe canadienne a espoir que Hoilett, un attaquant qui évolue dans la deuxième ligue d’Angleterre, et Larin, qui a amassé 17 buts avec le Orlando SC, puissent toucher la cible.
Parmi les 12 pays toujours en lice dans la région de la CONCACAF, le Canada occupe le 102e rang du classement de la FIFA, et fait partie de l’un des trois groupes composés de quatre formations, les autres étant le Mexique (24e), le Salvador (94e) et le Honduras (95e). Les équipes occupant les deux premières places à l’issue du tournoi en rotation accéderont au dernier tour de qualifications.