Mercedes Classe R: entre confort et… anesthésie
C’est un fait : la Mercedes Classe R ne trouve pas beaucoup de preneurs, du moins en Amérique du Nord. Et ce n’est pas sa plus récente évolution de mi-cycle qui va changer la donne. Évolution, il faut le dire vite… Est-ce parce qu’on n’a pas vendu assez de Classe R (à peine 308 au Canada l’an dernier) que les modifications sont très timides? Le plus grand changement, c’est cette calandre qui reprend la signature visuelle du reste de la famille. Moins plongeante, la silhouette perd en insipidité ce qu’elle gagne en caractère – on peut dire merci à une ligne (optionnelle) de lumières DEL qui souligne agréablement l’ensemble.
Sans émotion, sans connexion
Sinon, rien de nouveau, et ce n’est pas ce qui va aider la cause de la «R». À qui la faute? D’abord à ce design qui donne dans le style autobus. Elle a beau vouloir se distinguer des fourgonnettes et des familiales, la Classe R n’invente pas de nouveau segment. Autre facteur d’insuccès : une conduite sans émotion. La manipulation est lourde, et le véhicule, si large qu’il faut y penser à deux fois avant de s’engager dans une ruelle. Néanmoins, si la Classe R n’est pas athlétique pour deux cents, reste qu’elle offre des balades tout confo avec sa suspension aérienne qui flotte au-dessus du bitume. Rien pour ragaillardir l’expérience de conduite, mais au moins, le grand confort est au rendez-vous.
Quatre fois sur cinq : diesel
Pour notre continent, deux moteurs continuent d’être offerts : le V6 de 3,5 litres à essence (272 chevaux) et le V6 BlueTec de 3,0 litres diesel (211 chevaux). Rien d’étonnant à ce que ce soit le diesel qui remporte la faveur canadienne, dans une proportion de quatre sur cinq ventes. On le comprend d’autant mieux en pilotant les deux motorisations. Avec ses 400 lb-pi de couple, et malgré ses 105 kilos supplémentaires, la variante diesel a beau livrer des accélérations une demi-seconde moins rapides, elle le fait de façon pas mal plus profonde et plus engageante. Les reprises sont aussi dynamiques que celles du moteur à essence avec, en prime, une consommation pas mal plus frugale (une économie d’au moins 3 litres aux 100 km).
Y a de la place en masse…
Là où la Classe R gagne ses galons, c’est en termes d’habitacle. Le confort est indéniable, l’insonorisation, excellente, les sièges sont hyperenveloppants, les matériaux sont de grande classe, et leur assemblage ne pourrait pas être plus au poil que ça. Mieux vaut choisir les variantes six places, qui profitent de sièges capitaine en deuxième rangée, beaucoup plus confos que la banquette (version sept passagers) contre laquelle le passager du centre ne pourra que pester.
On s’en doute, les places de la troisième rangée offrent un espace restreint à la tête, en raison de cette ligne de toit qui plonge. Assurément, l’espace cargo est fabuleux quand toutes les banquettes sont rabattues, mais à peine 314 litres s’offrent lorsque toutes les places sont occupées.
Pour et contre
- POUR
La traction intégrale est de série, ce qui se traduit par une tenue de route rassurante.
- CONTRE
Ne poussez pas trop la chance en virages serrés, parce que le véhicule fait alors sentir les limites de son long empattement.