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04:00 25 août 2016

Métro Radisson: un stationnement plein à craquer

Métro Radisson: un stationnement plein à craquer
Photo: Chantal Levesque

Alors que le maire Coderre implore les automobilistes de prendre le transport en commun pour pallier la congestion liée aux nombreux chantiers de construction, le stationnement incitatif Radisson de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) déborde et ne suffit pas à la demande.

En période de pointe du matin, de 6h à 9h, plus de 4300 usagers entrant se rendent à la station de métro Radisson. Or, le stationnement incitatif qui se trouve à quelques pas de l’édicule de la station, n’offre que 534 places.

Pour être en mesure de s’y garer afin d’aller prendre le métro, les automobilistes doivent se lever tôt.

Lors du passage de TC Media, le 23 août un peu avant 8h, le stationnement de 534 places de la rue Sherbrooke, situé en face de la place Versailles, était déjà pratiquement complet. Impossible pour le journaliste de se garer. Les espaces pour les voitures «solo» étaient tous occupés.

Seuls quelques stationnements réservés pour le covoiturage étaient toujours à la disposition des automobilistes. Les fidèles usagers du stationnement sont unanimes: «après 7h30, les places sont rares (auto solo). Les premiers automobilistes arrivent vers 6h30 et en une heure c’est presque plein. C’est toujours comme ça.»

«Imaginez, nous sommes encore en période de vacances. La rentrée n’est même pas encore commencée», de commenter un autre automobiliste.
En 10 minutes, trois conducteurs ont dû rebrousser chemin et une dame a décidé de se stationner dans un espace réservé au covoiturage, même si elle n’avait pas le permis requis.

«Je sais que je risque de recevoir un constat d’infraction, mais je suis en retard. Je vais courir la chance», lance-t-elle en quittant rapidement les lieux.
Le stationnement incitatif de la station Radisson est le seul du genre à proximité d’un métro de l’est de Montréal.

Pas d’expansion
Le taux d’occupation était de 97% au stationnement de Radisson en 2015. En comparaison, les stationnements des stations de métro Namur et Angrignon affichent respectivement des taux d’occupation de 82% et 56%.

Malgré cela, l’AMT ne prévoit pas l’expansion ou création de nouveaux stationnements incitatifs à court terme dans l’est de Montréal.

«Bien que nous soyons en discussion avec des partenaires pour voir où et comment nous pourrions faire l’acquisition d’un plus grand nombre de places, nous ne sommes pas en mesure, pour l’instant, d’annoncer des agrandissements ou la création de nouveaux stationnements», indique Caroline Julie Fortin, porte-parole de l’AMT.

L’agence ne prévoit pas non plus l’implantation du service d’espaces garantis qui permet aux utilisateurs de cinq stationnements du réseau de réserver une place tarifée sur une base mensuelle.

«Nous laissons au Comité de transition et à la future Autorité régionale, le soin de prendre les décisions pertinentes concernant l’ajout éventuel de places de stationnement garanties», signale Mme Fortin.
Pourtant, ce service semble être populaire auprès des automobilistes. De janvier à mai 2016, 4208 places ont été réservées, ce qui représente un taux d’adhésion de 91%.

Devant la saturation du stationnement incitatif Radisson, l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM) avait tenté d’implanter un projet-pilote de vignettes de stationnement aux abords de la station de métro l’an dernier.

L’objectif des élus était de permettre aux automobilistes de se procurer une vignette pour pouvoir se garer sur certaines rues afin de favoriser l’intermodalité et le transport en commun.

Les nombreuses protestations citoyennes avaient eu raison du projet avant même qu’il ne soit implanté. Les gens craignaient pour leur qualité de vie. Ils estimaient que le projet ne visait qu’à accommoder les banlieusards au détriment des riverains.

Convaincre les automobilistes de choisir le métro
Avec le stationnement incitatif Radisson qui déborde, l’ajout d’espaces de stationnement favorisant l’intermodalité dans l’est de Montréal n’aurait pas été un luxe, avoue François Pépin, de Transport 2000 Québec.

Faute de place, les automobilistes doivent tourner en rond durant plusieurs minutes dans les rues du quartier à la recherche d’un espace de stationnement. Comme des interdictions sont en vigueur sur les rues locales pour faciliter le passage des balais mécaniques, l’opération devient ardue.

«Un stationnement incitatif permet aux gens de combiner voiture et transport en commun. C’est un bon compromis à l’utilisation unique de l’automobile», de mentionner le président de l’organisme.

D’ailleurs, plusieurs de ces infrastructures ont été ajoutées, ainsi que 178 passages d’autobus par jour, pour favoriser le transport en commun aux résidents du Sud-Ouest et de l’ouest de Montréal. De la musique aux oreilles de l’organisme.

Pour l’est de Montréal, la mesure privilégiée a été d’ajouter un train supplémentaire par la Société de transport de Montréal (STM) sur la ligne verte du métro.

«Un automobiliste a horreur de se retrouver coincé dans le trafic. Si le service de transport en commun est efficace, qu’il lui fait gagner du temps et réaliser des économies, il ne privilégiera pas la voiture», ajoute M. Pépin.

Fréquentation
L’achalandage annuel de la station de métro Radisson demeure sensiblement le même depuis cinq ans avec entre 3,6 millions et 3,8 millions d’entrants, plaçant ainsi Radisson au 26e rang sur les 68 stations en termes de fréquentation.

En collaboration avec Samantha Velandia