22:02 28 février 2011 | mise à jour le: 28 février 2011 à 22:02 temps de lecture: 2 minutes

L'importance des frontières

J’aimerais répondre à une question. Celle des sceptiques de la souveraineté québécoise. C’était aussi la question de Sarkozy, si ma mémoire est bonne. Pourquoi agrandir la communauté internationale, encore, alors qu’elle est déjà si grande? Pourquoi a-t-on besoin d’un pays supplémentaire, de frontières supplémentaires dans le monde? On parle de plus en plus souvent, avec la mondialisation, d’une nation monde où les frontières entre les pays sont abolies.

Eh bien, en plus d’être un des mandats de l’ONU, l’agrandissement de la communauté internationale contribue à sa diversification. C’est ce qui rend le monde riche en cultures différentes, c’est ce qui nous pousse à voyager pour découvrir de nouvelles choses, de nouvelles façons. Dans un monde uni où tout le monde mangerait du McDo ou serait communiste, on pourrait certes être heureux, mais on perdrait assurément cette curiosité, essentielle, envers la différence.

Les frontières sont importantes. C’est la conception de celles-ci que nous devons changer. À l’ère des technologies, les frontières ne sont plus des murs ou des obstacles, mais des voix, l’expression d’une culture, d’une différence sociale. Les frontières n’empêchent pas nécessairement d’être solidaires partout dans le monde. Elles permettent surtout, en avant-plan, de conserver son identité culturelle particulière et, finalement, d’apprécier la différence des hommes d’autres visions du monde, selon leur histoire, leur géographie, leur milieu socio-économique, etc., pour enrichir nos connaissances. C’est cette pluralité qui permettra ensuite un plus grand souci de l’autre, une empathie qui consolidera les relations internationales. Le monde pourra alors devenir plus solidaire, à condition de favoriser cette ouverture.

Pourquoi le Québec devrait-il devenir un pays? Pour que sa voix, spécifique à lui-même, résonne à travers la communauté internationale. Pour alimenter la curiosité de cette dernière envers une culture particulière qui n’est PAS canadienne. Et finalement pour enrichir, avec plus de force encore, le monde de cette culture dont je suis si fier.

– Jean-Patrick Reysset

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