Arab Idol: l'autre Arabie!
Dans les médias, et donc dans l’imaginaire collectif de l’Occident, qui dit pays arabes, dit soit les harems et la mégalomanie des cheikhs du Golfe, soit les barbus adeptes de l’islam radical qui asservissent les femmes et prennent en otage les révolutions en cours. Archi faux!
Si l’on est né et que l’on a vécu là-bas, l’Arabie n’est pas que ça. Là-bas, dans cette contrée lointaine, on aime aussi, on fait l’amour, on danse, on écoute de la musique, on va au cinéma, on joue au théâtre et les dimanches, c’est jour de soccer.
Toutefois, on a l’impression que c’est juste le côté sombre de cette contrée qui jaillit dans les dépêches. Moi qui suis connecté à longueur de journée à la réalité locale, je vois l’autre côté occulté de la médaille.
Tenez, depuis quelques semaines, une émission de télévision envahit les salons arabes, même ici. C’est la première saison d’Arab Idol, la version arabe de sa consœur américaine. Elle est diffusée depuis les studios de Beyrouth au Liban de la chaîne satellitaire saoudienne MBC qui est basée à Dubai aux Émirats arabes unis.
Quoi, les Saoudiens, ces chantres du wahhabisme barbare commanditent une chaîne de télé qui diffuse de l’art? Oui, mesdames et messieurs! Arab Idol est diffusé chaque vendredi soir sur MBC1. L’émission connaît un énorme succès dans le monde arabe avec un record d’audience qui a dépassé toutes les attentes. Et il faut voir le show. Rien à envier à la version américaine.
Le décor, la mise en scène et le spectacle sont de grand calibre sous la supervision d’un jury de grande qualité qui est composé de la chanteuse émiratie Ahlam, du musicien égyptien Hassan Chafai et de la méga star libanaise Ragheb Allama. Les présentateurs Anabella Hilal, un super top model libanais, et Abdellah Al Talihi, un chic animateur Koweitien, livrent le tout avec élégance et beauté!
Avant les phases finales, l’équipe de l’émission a fait le tour de
plusieurs pays arabes. Une tournée qui a soulevé la frénésie de milliers
de postulants. La présélection a fait émerger une superbe cuvée de dix
candidats avec une parfaite parité, cinq jeunes femmes et cinq gars
représentant sept pays (Tunisie, Égypte, Maroc, Arabie Saoudite,
Jordanie, Irak et la Syrie).
Depuis plus de huit semaines, les heureux élus se sont livrés une
compétition de haut calibre. Et cette semaine, ils ne sont plus que
trois en lice: l’Égyptienne Carmen, la Marocaine Dounia, et le Jordanien
Youssef.
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Je vais faire de moi un critique de musique pour livrer mon coup de cœur: la Marocaine Dounia. Elle est la fille de Batma, une icône de la musique arabe et l’un des membres fondateurs du groupe mythique Nass Al Ghiwane qui est l’équivalent pour la jeunesse soixante-huitarde maghrébine des Beatles et des Rolling Stones tous les deux réunis.
Par sa voix et son talent exceptionnels, Dounia Batma a réussi à sortir du lot. Ses admirateurs ne cessent d’augmenter chaque jour, et ses vidéos sur YouTube font un tabac! Sa voix divine, magnifique et mélodieuse a subjugué le public arabe, tout comme les autres candidats de ce premier cru d’Arab Idol. Cette voix représente autre chose que la barbarie tant associée aux Arabes!