Conflit israélo-palestinien: l’affaire Mahmoud Sarsak

Quelle tragédie que celle de Mahmoud Sarsak qui, d’espoir du soccer palestinien, est devenu prisonnier dans les geôles israéliennes.

Originaire de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, jusqu’à l’âge de 22 ans, Mahmoud Sarsak était prédestiné à embrasser une carrière de joueur de soccer à succès. Depuis son plus jeune âge, il rêvait de devenir un professionnel du ballon rond. Encore adolescent, il est devenu joueur international au sein de l’équipe nationale palestinienne. Du coup, les recruteurs ont commencé à lui faire les yeux doux. En 2009, il a fini par signer un contrat avec le club Balata dans le nord de la Cisjordanie, l’un des meilleurs clubs de soccer des territoires palestiniens.

Alors, comment Mahmoud Sarsak a-t-il pu se retrouver dans les prisons d’Israël? Ce 22 juillet 2009, en voulant joindre son nouveau club et aussi pour participer à un match international de la sélection palestinienne, il devait traverser le territoire israélien qui sépare la bande de Gaza de la Cisjordanie.

Les responsables de son nouveau club ont suivi toutes les procédures requises par l’administration civile israélienne. Muni de son permis, sorte d’autorisation de passage de Gaza vers la Cisjordanie, Mahmoud s’apprêtait à traverser Israël. Au point de passage d’Erez, entre la bande de Gaza et Israël. Surprise, les forces israéliennes l’ont arrêté en tant que «combattant ennemi».

Étant qualifié de «combattant illégal», après 30 jours d’interrogatoire, il a été incarcéré sans procès et sans accusation précise. En effet, en Israël, la détention administrative autorise l’incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment pour maintenir le secret de la preuve.

Donc, depuis juillet 2009, Sarsak croupit en prison sans procès. Le 23 mars dernier, après presque trois ans, Sarsak a déclenché une grève de la faim avec d’autres prisonniers palestiniens pour exiger une amélioration de leurs conditions d’incarcération et surtout la fin du recours à la détention administrative.

Le 14 mai, les prisonniers grévistes ont obtenu le rétablissement de certains de leurs droits, mais Israël s’est abstenu de toute promesse concernant la détention administrative. Du coup, Sarsak a poursuivi sa grève pour réclamer son acquittement.

Il faut préciser que Sarsak n’est pas le seul joueur détenu de la sorte. Il y a aussi le gardien de l’équipe olympique Omar Abou Roïs, 23 ans, et Mohammad Nimr, 22 ans, qui joue pour le club du camp de réfugiés d’Al-Amari à Ramallah, en Cisjordanie. Le mois de février dernier, les autorités israéliennes ont arrêté et mis en détention les deux joueurs sans inculpation ni jugement.

Le sort de Mahmoud Sarsak a ému non seulement les organisations de défense des droits de l’Homme, mais aussi les instances du soccer international en la personne du président de la FIFA. Joseph Blatter a exhorté la fédération israélienne à intervenir en faveur des joueurs palestiniens, dont Mahmoud.

Sarsak a aussi reçu le soutien de plusieurs personnalités telles que Cantona, Ken Loach ou Noam Chomsky. Cette pression a permis le dénouement de cette affaire. Selon Mohammad Jabbarine, l’avocat de Sarsak, son client a conclu un accord avec l’administration pénitentiaire pour cesser son action en échange d’être relâché. Si tout va bien, Mahmoud Sarsak retrouvera les siens dans la bande de Gaza le 10 juillet. Affaire à suivre.

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