PQ: à un doigt de la crise cardiaque

Le Parti québécois tient son Conseil national ce vendredi à Montréal, après un caucus de deux jours de son aile parlementaire. Et là, la chef Marois entourée de ses apparatchiks (les membres influents du parti) veut nous faire croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est dans les rangs. Foutaise!

En une semaine, on a vu un putsch fomenté, Marois aux abois et Duceppe déçu. Ajouter à cette sauce une taupe qui fait couler une intox pour brouiller les pistes et sauver qui vous savez. Le cœur du mouvement souverainiste est à un doigt de l’arrêt cardiaque!

L’image de la semaine est celle de Duceppe hors d’état de nuire. Marois ressuscite et traverse son congrès aussi facilement qu’un couteau dans du beurre. Circulez, les souverainistes sont bons pour en découdre avec les Charest et Legault!

Voilà comment résumer en un paragraphe les bassesses souverainistes des derniers jours. Pourtant, dans cette histoire, ce qui étonne c’est que personne ne s’est questionné sur la taupe qui a coulé Gilles. Qui est cette personne qui a osé semer l’intox au risque d’hypothéquer le mouvement souverainiste? Car toute proportion gardée, les souverainistes l’ont enfin leur miniscandale des «Commandites».

Depuis le début de cette intrigue,  j’étais pantois devant la tournure des événements. Et c’est à la page 12 du Journal de Montréal de dimanche dernier que j’ai puisé les premières lignes du portrait-robot de l’énigmatique taupe. Et ce n’est rien de moins que René Lévesque qui a sonné le glas depuis sa tombe. Le journal a publié cet extrait de son autobiographie: «Les partis appelés à durer vieillissent généralement assez mal. Ils ont tendance à se transformer en Églises laïques hors desquelles point de salut et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent, et c’est l’opportunisme politicien qui les remplace. Tout parti naissant devrait, à mon avis, inscrire dans ses statuts une clause prévoyant qu’il disparaîtra au bout d’un certain temps. Une génération? Guère davantage, ou sinon, peu importe les chirurgies plastiques qui prétendent lui refaire une beauté, ce ne sera plus un jour qu’une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer.»

La lecture de la prophétie de Lévesque m’a replongé dans mon ancienne vie. Sur mon autre planète, ceux qui ont libéré le pays de la colonisation se sont dispersés. D’une part, la cour et ses courtisans, de l’autre, les opposants déterminés. Ni les uns, ni les autres n’ont laissé la place à la jeunesse et au renouvellement de leur combat.

Du coup, l’État et la société se sont sclérosés en raison du nombre incroyable d’apparatchiks. Pour espérer émerger, il fallait faire un chemin de croix pour avoir l’aval des verrous du régime. En cours de route, à force de coups bats, d’aigreur, de cynisme et d’intrigues, vous êtes sûr de muter. En fin de parcours, une fois parmi l’élite du pays, vous finissez par n’être qu’un autre apparatchik parmi les apparatchiks. Les systèmes politiques ont failli et au lieu d’aspirer la crème à leurs sommets, c’est la merde qui jaillissait!

Revenons sur notre planète! Le mouvement souverainiste doit déconstruire ses temples, le PQ et Bloc, pour renouveler sa base, sa doctrine, ses paradigmes avant qu’il ne soit trop tard. «L’extrême make-over» pratiqué par les apparatchiks de Pauline Marois ne fait que retarder le déclin. C’est dommage!

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.