Un éléphant dans un magasin de casseroles

Bien entendu, personne ne met en doute que les libéraux font habituellement les meilleures campagnes négatives en période électorale. Bien entendu, la dernière pourrait laisser perplexe. Est-ce qu’un de ces grands bonzes de la pub autour de la table s’est dit : «Tout ce qu’on met en slow motion est ridicule… Juste à prendre Pauline Marois s’improvisant jammeuse de casseroles et… bingo! Elle aura l’air épaisse!»

Hum. Mauvais call sur celle-là, les boys; on dirait plutôt qu’en plus de devoir prendre des moyens techniques (dignes d’un étudiant du MERSRQ dans son sous-sol avec le MAC de papa-maman) pour démoniser une chef ou la rendre idiote à l’écran, vous vous moquez de tous les citoyens qui ont tenté d’utiliser un moyen ludique et pacifique pour dire que vous êtes des pourris. Et rire des électeurs, ça, ça marche rarement!

Surtout de ceux qui ont pris la peine d’adhérer à ces fameuses marches endiablées devenues un symbole de protestation pacifique de monsieur- madame-tout-le-monde (qui ne dérangeait pas, jusqu’à tout récemment, le Willow des finances, Raymond Bachand… Parlez-vous caucus!) face aux décisions ridicules du vieux Charest accroché au pouvoir et de ses sbires.

Prendre une image de Charest et la mettre au ralenti pour qu’il ait l’air stupide, bête ou machiavélique? Plutôt simple. En fait, même pas besoin de mettre quoi que ce soit au ralenti, juste de mettre la bande sonore de La marche de l’empereur (de Star Wars pour les non-geeks) et de l’utiliser à toutes les sauces, chaque fois que Charest ouvre la gueule. Ce serait délectable et bien mérité!

En attendant, les «stratèges» libéraux, ceux-là même qui suggèrent allégrement à leur «chef» de traiter Elsie Lefebvre de «chienne», Madame Marois de «femme avec du jello sans colonne» ou d’agir comme un goujat avec Céline Galipeau en entrevue, risquent de devoir trouver de nouveaux stratagèmes à part l’insulte et les trucages vidéo pour aller chercher les votes perdus par leur très grande faute…

À force de crier au loup et à la violence fabriquée de toutes pièces, il semble évident que, si certains croient maintenant que le carré rouge est un signe de casseurs et de gens violents, après une solide campagne de peur des libéraux, les stratèges auront beaucoup plus de difficulté à faire croire, de un, qu’une foutue casserole est un accessoire terroriste et, de deux, que Pauline Marois, une des politiciennes les plus respectées de l’histoire du Québec, est une idiote.

Non, franchement, oubliez leurs campagnes de pub négatives de mauvaise qualité et leur mauvaise foi légendaire. Cela ne démontre qu’une chose : ce sont les libéraux qui sont au ralenti.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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