Je vieillis and I know it

Ya deux semaines, une amie m’appelle : «Heille! J’ai deux billets de plus pour aller voir LMFAO à Laval, je t’invite toi et ta blonde. On se met du fluo pis on va danser avec les jeunes!» Faut pas me faire ce genre d’offre. Surtout quand j’ai la chance de jouer le vieux cool has-been : «Pfff! Je mettais du fluo t’étais même pas née.»

Bref, alors, donc, je me suis acheté un t-shirt vert fluo chez Urban Planet pendant que ma blonde s’achetait des bracelets en face chez Ardene. J’ai quel âge? Ça dépend, des fois j’ai 4 ans, des fois 15, des fois 43, des fois 76, quand j’assume tous ces âges-là, et que je vis bien avec, j’ai 29 ans.

C’était assez irréel comme ambiance. Yavait de la jeune poulette de 20 ans, plus habillée en peau qu’en fluo, des gangs de gars qui étaient à la chasse à la jeune poulette, plusieurs familles avec leurs jeunes enfants, du monde déguisé comme dans un party d’Halloween. L’énergie était belle. Aussitôt le soleil couché, les membres de LMFAO sont apparus. En fait, l’un est apparu. Celui avec l’afro, l’autre, n’était pas là. Blessé au dos. Trop de «swignage» de bassin.

Après une bonne heure de spectacle, j’ai commencé à rire tout seul. Ma blonde m’a demandé ce que j’avais à rire : «Checke autour de toi, et checke ce qui se passe sur la scène.» Yavait au moins cinq ou six enfants en bas de 10 ans autour de nous, de familles différentes, et sur la scène le chanteur chantait quelque chose du genre : «Head down, ass high» en simulant un doggy style à une fille invisible. Tsé, Mickey Mouse pis tout.

Évidemment, à la toute fin, pendant le fameux I’m Sexy and I Know It, tous les danseurs étaient en G-string à se faire aller le paquet comme si leur vie en dépendait. Ça me faisait rire, mais ça me choquait pas. Et c’est ça qui ma choqué en fait. On plutôt semi-troublé. J’ai dit à mon amie en partant du spectacle : «Ouin, c’était quand même intense pour des enfants.» Puis, les deux, on a en même temps sorti un : «Ouin, mais bon, c’est pas siii pire. Ça restait dans le fluo et le ludique.»

Il y a environ 60 ans, certaines chaînes de télé interdisaient de montrer Elvis en bas de la taille. Aujourd’hui, des enfants en bas de 10 ans assistent à un show où des gars se balancent le paquet en bobettes et demandent à la foule : «Where are the horny ladies!!??» Puis on fait : «Bah, c’est pas siiii pire.» Je sais pas si le chemin qu’on a fait est le bon à 100 %, mais on a fait du chemin, ça c’est sûr.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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