«Allez en enfer!»

Ce conseil a été donné, ce 25 février, par le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au premier ministre britannique David Cameron, qui avait appelé l’an dernier ses partenaires au respect des droits des homosexuels lors d’un sommet du Commonwealth.

Devant des milliers de partisans rassemblés pour fêter son 88e anniversaire dans un stade de Mutare, dans l’est du pays, Mugabe, un catholique pratiquant, s’est interrogé: «La nature est la nature. Elle a créé le mâle et la femelle. Vous, David Cameron, suggérez-vous que vous ne savez pas ça, ou est-ce qu’il y a une sorte de démence, ou cela fait-il partie de la culture des Européens?» Comme d’autres dirigeants africains, Mugabe dénonce l’homosexualité, une perversion propagée selon lui par les anciens colons et l’Occident.

Le droit des homosexuels est loin d’être respecté dans la grande majorité des pays africains et le Zimbabwe ne fait pas exception.

La question a refait surface alors que le pays doit se doter d’une nouvelle Constitution, Mugabe exigeant l’organisation de nouvelles élections cette année, avec l’intention de se représenter. Ses opposants ont suggéré dans ce contexte de suivre l’exemple de l’Afrique du Sud en garantissant les droits des homosexuels dans la Loi fondamentale.

Lors d’une visite en Zambie le 25 février, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a par ailleurs exhorté les pays africains à respecter les droits des homosexuels.

Même si l’Afrique du Sud est le seul pays qui reconnaît les droits des homosexuels et le mariage de personnes de même sexe, en pratique certains faits montrent que la discrimination est loin d’être résorbée.
Le 1er février dernier par exemple, lors d’un procès très médiatisé, quatre Sud-Africains ont été accusés du meurtre d’une jeune lesbienne de 19 ans, Zoliswa Nkonyana, et condamnés à 18 ans de prison.

Ils avaient lapidé, frappé puis poignardé leur victime à quelques mètres de son domicile en 2006.

Certains crimes envers les homosexuels, comme les «viols correctifs», restent peu quantifiables en Afrique du Sud en raison de la crainte des victimes d’être stigmatisées. Les «viols punitifs» ou «correctifs» de lesbiennes sont censés «soigner» contre l’homosexualité et remettre dans le «droit chemin» des êtres «contre-nature».

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