Élections américaines: Romney joue-t-il au kamikaze avec Ryan?
En fin de semaine, le choix de Mitt Romney pour un vice-président s’est arrêté sur la personne de Paul Ryan, l’initiateur du fameux budget alternatif proposé par les Républicains. Fortement critiqué dans le camp démocrate, où on l’avait qualifié de darwinisme social, ce budget avait même fait un peu peur aux Républicains lorsqu’il leur avait présenté. Personne n’avait anticipé un plan aussi radical.
Lorsqu’un reporter lui a demandé si ce n’était pas un peu kamikaze, Paul Ryan s’était contenté de répondre que ce n’était pas un budget, mais une cause. Il y proposait de supprimer l’assurance-maladie pour les plus de 65 ans, de plafonner l’aide pour les plus pauvres, de réduire les crédits pour les transports, l’énergie, les pensions des anciens combattants et le nombre de fonctionnaires.
Au total, le budget Ryan prévoyait 6 trillions de dollars de coupes budgétaires en dix ans. Il y réduisait même les impôts, notamment pour les revenus les plus élevés: le taux maximal passant de 35% à 25%.
En fin de semaine, le candidat républicain a tenté de prendre ses distances avec le budget Ryan, en rappelant que les politiques budgétaires sont de sa responsabilité. «J’ai mon plan budgétaire et c’est sur ce plan que nous comptons faire campagne», a-t-il déclaré lors d’une entrevue à 60 minutes.
Dans le camp démocrate, où l’on espère rallier l’électorat féminin, on s’acharne à rappeler que Ryan a, tout au long de sa carrière politique, voté en faveur de lois réduisant le financement fédéral pour des organismes comme Planned Parenthood et appuyé des projets de lois visant la criminalisation des procédures d’avortement par naissance partielle.
Le colistier de Romney s’est toujours retrouvé à défendre le mariage traditionnel et malgré les deux récentes fusillades qui ont relancé le débat, il maintient que le contrôle des armes à feu ne saurait régler les problèmes de criminalité au pays et s’oppose à toutes mesures visant à restreindre l’accès aux armes à feu.
Est-ce que le choix de Ryan pourrait générer davantage d’enthousiasme pour la candidature de Mitt Romney à la présidence?
Une chose est certaine, en choisissant Paul Ryan, Romney envoie le message qu’il est maintenant prêt à réduire à la fois la taille et le rôle de l’État, une décision qui risque fort de plaire aux Républicains les plus conservateurs, mais qui pourrait facilement aliéner certains électeurs indépendants qui hésitaient entre Romney et Obama.