Montréal la moche, Montréal la belle!
Montréal, ma ville, votre ville, est tantôt moche, laide, invivable et louche, et tantôt, elle est belle, splendide, vivante et irréprochable!
Oui, comme vous, je suis tanné de notre ville avec ses chantiers qui pullulent ad nauseam. Les cônes orange, ces objets qui énervent le plus stoïque des automobilistes, nous écœurent à mourir. Ces cônes qui puent les scandales, car à nos yeux, ils matérialisent les scandales de la construction. Ils sont synonymes de la collusion, de la corruption et de la mafia qui ruinent notre démocratie et nos vies.
L’autre jour, j’ai confié à un ami que si tu as envie d’oublier les scandales grâce à la thérapie, avec les maudits cônes oranges, pas de répit. Ils te renvoient à la face la vérité qui blesse.
Montréal ne mérite pas cette réputation mafieuse.
Paradoxalement, durant l’été, ma ville, la vôtre, nous enchante par son lot de festivités qui s’enchaînent les uns après les autres. Des festivals qui transforment la cité en une gigantesque scène de spectacles à ciel ouvert avec les Juste pour rire, le Jazz et j’en passe.
Il y a aussi ce camp de vacances offert à la grandeur de Montréal durant la période estivale. En famille, je fréquente plusieurs piscines et pataugeoires de plusieurs arrondissements. Mes préférées sont sans nul doute celles qui sont plantées au milieu de certains de nos plus beaux parcs. Ma palme d’or va au parc Jarry. Certes, durant la coupe Rogers, on a dû déserter la place faute de stationnements, toutefois, ce parc offre une foule d’activités pour les enfants et leurs parents. Des terrains de volley-ball de plage, de basketball, de soccer, de baseball, des pistes pour les adeptes de skateboard et de vélos extrêmes, le tout au milieu d’une verdure paradisiaque.
Sous les arbres, c’est là où ont lieu les barbecues ethniques. Les odeurs des mets internationaux de Québécois d’ici et d’ailleurs se mêlent. Des sikhs, des musulmans, des juifs, des laïcs des quatre coins de notre planète se côtoient. Ils arborent leurs signes religieux sans que cela déclenche la Troisième Guerre mondiale. Dans une atmosphère bon enfant et rafraîchissante, les mômes finissent par se mêler les uns aux autres et les parties de soccer enflammées débutent. La plupart des adultes finissent avec leur enfant dans la pataugeoire juste derrière le poste de police ou à la piscine, au pied du Stade Uniprix.
Notre ville est une cité qui ressemble de plus en plus à un chantier permanent. Notre ville souffre de collusion et de corruption, mais elle offre aussi son meilleur à ses citoyens, été comme hiver. Pourquoi subissons-nous alors ce côté sombre de notre administration? Et jusqu’à quand?