Se donner à une femme d’expérience dans l’isoloir…
1995
Nous avons 14 ans. Nous sommes militants souverainistes, probablement les deux seuls au Collège Jean-de-Brébeuf. On s’entend… Peut-être pas les deux seuls, mais disons qu’en secondaire 4, beaucoup répètent surtout ce qu’ils entendent à la maison. À l’époque, pas de Facebook, pas de téléphone intelligent, en fait pratiquement pas de cellulaires…
En 1995, les téléphones portables, c’est pour les hommes d’affaires. Nous, on se trouve cool avec nos pagettes…
On s’en va assister au fameux discours de Bouchard, Parizeau et Dumont (oui, oui, le gars en chemise rose qui donne ses opinions de droite et fédéralistes à la télé) sur le mont Royal.
Les trois ténors de la souveraineté, comme on les appelle à l’époque, sont électrisants. La foule est survoltée. Parizeau est sobre! C’est dire!
On a tellement hâte de pouvoir voter. Même si on milite avec nos macarons du Oui, on pourra le faire seulement dans quatre ans.
Une femme passe en trombe avant les discours. C’est quelqu’un d’important. Elle a un garde du corps. Elle prend la peine de venir saluer les jeunes militants un par un. En tant qu’ados amateurs de politique, un peu nerds, avouons-le, nous sommes impressionnés, voire bouche bée. Une ministre prend la peine de venir nous saluer.
2012
On a 31 ans. Près de 15 ans de radio. Quelques fronts de journaux derrière la cravate. Des fans extraordinaires qui nous suivent autant dans nos chroniques que dans nos folies téléphoniques et radiophoniques. (Une année de TV à Télé-Québec aussi, mais ça on en parle moins. Bâtard, on n’est pas si fous que ça!)
Il y a quelques semaines, nous avions fait une déclaration d’amour politique à une politicienne en disant qu’elle était notre merveille masquée du mois. Un soir, un de nos amis (OK, c’est vrai, on l’avoue par souci de transparence : on a des amis), appelons-le Marc-André G. pour protéger son anonymat, nous invite à un cocktail politique. En descendant de scène, après son discours, quelqu’un prend la peine de venir nous saluer et nous remercier de notre article.
Dix-sept ans plus tard, la même gentillesse, la même intelligence vive dans le regard, Pauline Marois impressionne toujours autant. Si certains ont des doutes, non seulement à l’égard de quelqu’un qui est en politique, mais aussi de quelqu’un ayant sa notoriété et son expérience, nous devons dire qu’elle est d’une spontanéité, d’une humilité désarmante.
Madame, pour votre ténacité, votre fougue et votre amour du Québec…Il y a deux gars qui ne penseront qu’à vous dans l’isoloir!Bonne fin de campagne!
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.