Les merveilles masquées du mois de septembre
Toujours premiers à ridiculiser les politiciens véreux, les artistes un peu niais et les phénomènes de foire de l’internet, nous aimons aussi montrer que l’actualité regorge de gens remarquables. Chaque mois, nous mettons en exergue les exploits d’une personnalité ou d’un groupe qui mérite le titre de Merveille Masquée.
On a décidé, il y a quelques années (on va bientôt pouvoir dire plusieurs, mais ça nous vieillit salement), de s’appeler les Justiciers masqués parce qu’on était des fans de superhéros et qu’on aimait bien changer d’identité pour piéger les acteurs de l’actualité. Depuis le soir du 4 septembre, de vrais superhéros sont apparus devant tout le peuple québécois.
Denis Blanchette, le technicien du Métropolis dont tout le monde parle, à juste titre, depuis mardi, a payé très cher son héroïsme : il l’a payé de sa vie. Dave Courage, son collègue, était toujours dans un état critique au moment de mettre sous presse.
C’est fou tout ce que le Québec doit à ces deux gars-là.
Bien sûr, le détachement de gardes du corps autour de Mme Marois est composé de gens extraordinaires, bien formés, intelligents, forts. On a d’ailleurs eu la chance de les rencontrer à quelques reprises pendant la campagne. C’est une fierté de vous avoir rencontrés, messieurs. Beau travail : grâce à vous, la première femme première ministre de l’histoire du Québec est toujours en vie. Merci.
Mais si Mme Marois et la foule au Métropolis (dont nous étions, vous le savez sans doute) sont saines et sauves, c’est aussi grâce à Denis et à Dave. Essayer de désarmer un gars quand ce n’est pas ton travail, certains diront que c’est de la folie. Nous croyons plutôt qu’il faut être des hommes de la trempe des superhéros.
Plus encore, quand on dit qu’on leur doit une fière chandelle, c’est également pour la valeur symbolique de leur courage et de leur don de soi dans leur forme la plus poussée. Ils sont la preuve qu’au Québec, on ne laisse pas les gens violents nous dicter notre conduite.
Ce n’est pas une question de dire qu’on ne négocie pas avec les terroristes, c’est une question de dire qu’on n’acceptera jamais de se laisser intimider par ces fous. Qu’ils soient devenus fous pour des raisons religieuses, politiques ou linguistiques. Qu’ils soient isolés ou regroupés. Coûte que coûte, les gens devront respecter le Québec. Ses politiciens, ses habitants, ses symboles.
Merci Denis. Merci Dave. Merci à vos parents d’avoir fait de vous les hommes que vous êtes devenus. Merci à vos familles de vous avoir soutenus. Vous êtes nos
Merveilles Masquées du mois et vous nous rendez tous fiers d’être Québécois.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.