Canada-Iran: Quelle mouche a piqué Stephen Harper?
Les déclarations du ministre des affaires étrangères, John Baird, concernant la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran ont surpris tout le monde en fin de semaine dernière. Même des diplomates canadiens en poste à Téhéran n’ont pas compris ce qui s’était passé. Car aucun élément nouveau n’était venu s’ajouter au tableau, pour justifier une démarche aussi extrême.
Quelle mouche a piqué le premier ministre canadien, Stephen Harper, au point de faire courir des risques à des diplomates inutilement? Le principal concerné s’est contenté d’affirmer que «rien ne me surprendrait. C’est justement pourquoi notre personnel en poste là-bas ne doit plus y être».
Concernant le type de représailles auxquelles on devrait s’attendre, Stephen Harper a simplement ajouté qu’il ne s’attendait pas à des actions spécifiques. «Mais comme je l’ai dit, nous devrions tous savoir que ce régime n’a aucune limite», a-t-il lâché.
Depuis l’annonce d’Ottawa, la presse iranienne n’a pas arrêté de dénoncer la mesure qualifiée de raciste et d’hostile. Certains éditorialistes parlent même d’une nécessaire réponse à la dimension de l’affront que leur a fait le Canada en expulsant, sans aucune forme de procès, les diplomates iraniens de son territoire.
Est-ce que le soutien de l’Iran au régime de Bachar el-Assad dans la crise syrienne pourrait expliquer l’attitude des conservateurs? Certainement… mais ce ne serait pas la seule raison, car l’Iran s’est montré moins inflexible sur la question depuis le sommet des non alignés.
L’autre explication est évidemment le soutien inconditionnel du régime de Monsieur Harper à Israël qui se prépare à une attaque contre l’Iran. Le premier ministre Benyamin Netanyahou est d’ailleurs le seul dirigeant international à applaudir chaleureusement la décision qu’il qualifie de «courageuse».
Rappelons que les relations entre le Canada et l’Iran se sont progressivement détériorées depuis 2003, après l’assassinat de la journaliste-photographe montréalaise d’origine iranienne, Zahra Kazemi. Ottawa avait rappelé son ambassadeur qui depuis est remplacé par un chargé d’affaires.