Dépolitiser les cérémonies du 11 septembre
Aujourd’hui marque le 11e anniversaire des attentats du 11 septembre aux États-Unis. Pour la première fois cette année, bien qu’ils assistent aux cérémonies, les politiciens ne sont pas invités à prononcer de discours. Entrons-nous dans une nouvelle ère de commémoration, davantage tournée vers les familles des victimes ?
En effet, cette année l’accent est mis sur ce que représente le 11 septembre pour ceux qui ont perdu des proches, plutôt que sur ce que cela représente pour les États-Unis ou la société américaine. Les proches des victimes ont accueilli favorablement la nouvelle et estiment qu’une fois le cap des 10ans franchi, il était temps de leur laisser l’occasion de se souvenir de leurs morts, loin des préoccupations et des disputes politiques.
Au cours des dix dernières années, les commémorations du 11 septembre ont été le rendez-vous annuel de tous les politiciens. Dès les premiers moments, ils ont partagé la scène de Ground Zero avec les familles des victimes et leurs discours ont ponctué la longue énumération des noms de disparus. Cependant, pour certains le choix d’exclure la politiqueest, en soit, un choix politique.
Il faut dire que la décision de garder les politiciens à distance a été annoncé en juillet, en plein bras de fer entre la fondation commémorative et les gouverneurs du New Jersey et de New York sur le financement du musée du 11 septembre. Jusqu’à hier, Andrew Cuomo, de New York et Chris Christie, du New Jersey exigeaient que le gouvernement fédéral mette la main à la pâte.
Bien qu’une entente ait été conclue lundi, plusieurs croient que cette décision constituait une forme de représailles de la part de la fondation. L’accord de financement prévoit qu’un comité sera formé des trois parties concernées, afin de déterminer à l’avenir le déroulement des cérémonies de commémoration.
Souhaitons que le comité ne choisisse pas de rétablir la formule traditionnelle des discours politiques et qu’on laissera le 11 septembre aux victimes et à leurs familles