Islam radical: la démocratie est la solution!
La légende urbaine colporte que l’intellectuel arabe ne prend pas position contre l’islam radical. Faux! Pour preuve, l’Égyptien Alaa al-Aswani vient d’assener une critique en règle contre les radicaux du monde musulman.
Dans sa chronique Comment défendre le prophète, le célèbre écrivain invite les musulmans à entamer leur tournant critique. Il dresse même une feuille de route capable de sortir le monde arabo-musulman de sa torpeur.
Alaa al-Aswani, ce dentiste de formation, s’est fait connaître par L’Immeuble Yacoubian, son roman traduit en une trentaine de langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires. Un cri du cœur annonciateur du déluge du printemps arabe, cinq ans auparavant.
Alaa al-Aswani est aussi l’auteur des Chroniques de la révolution égyptienne. Ce recueil d’articles que l’écrivain égyptien avait écrit avant et pendant la révolution égyptienne. Ce sont plus d’une centaine d’articles parus essentiellement dans des quotidiens égyptiens entre 2008 et 2011.
Dans la même veine, celui qui est considéré comme l’un des intellectuels arabes les plus actifs, perpétue la préservation de l’esprit et des valeurs du printemps arabe. Chaque semaine, il organise à Alexandrie des conférences sur le sujet. Des rencontres prisées par le public et qui sont relayées par les médias arabes. Il profite aussi de sa notoriété en publiant ses réflexions sur sa page Facebook et son compte Twitter suivi par plus d’un demi million de followers.
Revenons à sa chronique parue la semaine dernière. Le célèbre écrivain égyptien a encouragé tous les musulmans à défendre avec force leur croyance. Toutefois, selon lui, la colère et la violence de certains manifestants ont plutôt causé plus de préjudices à l’islam et aux musulmans.
Dorénavant, Alaa al-Aswani incite ces énergumènes à intégrer dans leur raisonnement trois vérités pour comprendre l’Occident:
Premièrement, les gens en Occident ont banni la sacralité de la religion. Du coup, ils critiquent toutes les religions, sans exception. La liberté de conscience est un fait. Ce qui est interdit, par contre, c’est l’incitation à la haine!
Deuxièmement, par opposition aux régimes totalitaires, la nature du pouvoir démocratique en Occident empêche les gouvernants de contrôler les médias ou d’interdire une œuvre artistique, sinon, ils déclencheraient des scandales et se feraient montrer la porte de sortie.
Troisièmement, les musulmans adoptent un double langage. D’une part, ils exigent qu’on respecte leur croyance, alors qu’ils ne respectent pas la croyance des autres. Alaa al-Aswani a cité, entre autres, l’exemple des exactions perpétrées par des salafistes contre des Coptes en Égypte.
En somme, pour ce prolifique auteur arabe, le défi qui guette les musulmans est celui de défendre d’une manière civilisée leur croyance. Ils doivent donc adopter une feuille de route en quatre points.
D’abord, encourager la liberté de conscience et protéger les minorités religieuses en terre d’islam. Puis, présenter à l’Occident les vraies valeurs de l’islam, notamment, en finançant, grâce aux pétrodollars, des films qui lèvent le voile sur la dimension humaine de l’islam. Troisièment, s’appuyer sur la diaspora pour boycotter les compagnies qui incitent à la haine envers les musulmans. Et finalement, contrer légalement les attaques contre l’islam.
Comme il a l’habitude de le faire, Alaa al-Aswani a clôturé sa chronique par sa fameuse signature : «La démocratie est la solution».