USA-élections : un premier match plutôt décevant
Ce premier débat très attendu mercredi soir à Denver, au Colorado, m’a déçu. Les deux candidats à la présidentielle américaine ont abordé le thème de l’économie sous toutes ses coutures, sans néanmoins apporter de réponses claires et précises. J’ai du, comme vous, me contenter de longues réponses parfois confuses et d’une avalanche de statistiques. À certains moments au cours de la soirée, on avait l’impression d’assister à un séminaire un peu ennuyeux entre un professeur d’université et un consultant d’affaire.
Sur la défensive et acculé au mur par les tirs répétés du candidat républicain Mitt Romney, le président Barack Obama a appelé le public américain à être patient et a affirmé qu’il fallait donner à ses politiques économiques le temps d’agir. Romney pour sa part s’est défendu de proposer les mêmes stratégies économiques que ses prédécesseurs dans le camp républicain en affirmant qu’il n’appuierait pas de crédits d’impôt qui contribueraient à la dette.
C’est cependant dans l’opposition de deux modèles qu’il faut trouver les principales leçons de ce premier débat. De manière très nette, deux projets de société s’opposent dans la campagne actuelle, et le clivage traditionnel entre Républicains et Démocrates refait surface. Cette tendance n’était pas aussi nette en 2008, et encore moins auparavant, mais elle constitue cette fois le cœur de l’élection.
Lors du débat, Mitt Romney s’est montré plus mordant, plus sûr de lui, quitte à paraître hautain, alors que le président sortant était quelque peu passif et beaucoup moins à l’aise qu’à son habitude. On peut reprocher à Obama son attitude défensive et prudente et sa prise de note alors qu’il faisait l’objet de tirs répétés de son adversaire. Le président a manqué de simplicité dans son argumentaire, à l’inverse de son adversaire.
Même dans le camp démocrate, on ne faisait pas semblant d’ignorer ces conclusions. Stéphanie Cutter, directrice-adjointe de la campagne démocrate, a immédiatement reconnu que M. Romney « avait marqué des points de style », même s’il avait « perdu sur le fond. »
Il faudra attendre des enquêtes d’opinion plus fouillées pour savoir si cet avantage permet au candidat républicain de rattraper son retard sur Barack Obama. Une chose est certaine, c’est que la performance de Mitt Romney de mercredi soir aura réussi à rallier les républicains derrière sa candidature. Reste à savoir s’il aura réussi à séduire l’électorat indépendant.