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Tout le monde se rappelle le 16 octobre 2012, ce triste jour restera gravé à jamais dans nos mémoires. Que faisiez-vous, vous, mardi matin? En train de ramasser des feuilles? En route pour le bureau, lisant le quotidien le plus lu à Montréal, le journal Métro? En train de travailler à la sueur de votre front en recueillant des enveloppes brunes pour la campagne de votre femme au siège social de Loto-Québec en regardant les débats à l’Assemblée nationale sur votre télé  52 po dans votre bureau? Nous étions en train de préparer notre émission de radio à CKOI Québec… C’est sûr qu’on aurait pu piéger Ahmadinejad, Obama et Fidel Castro la même journée, mais les larmes nous embuaient les yeux…

Hier, les enfants n’avaient plus le cœur à jouer dans les rues, des femmes sanglotaient doucement en regardant Top modèles à TVA. Même le policier antiémeute a essuyé une larme sous son casque d’acier à l’aide de son gant balistique, celui qui n’était pas occupé à fracturer la mâchoire d’un étudiant.

Le milieu de la construction était en deuil, et le Québec en entier reprenait son souffle entre deux beuglements déchirants, telle une vache s’apprêtant à mettre bas.

Tony Accurso qui abandonne la construction : quelle nouvelle incroyable! On en a les bras bleus tellement on s’est pincé pour être sûr qu’on ne rêvait pas, que ce n’était pas un vilain cauchemar. Quelle tristesse, quel sentiment de vide pour tous les citoyens, quelle… Horreur!

Tony qui quitte la construction et le monde des affaires, c’est comme un coiffeur qui quitte ses ciseaux, comme un boulanger qui quitte sa pâte, comme un Vincent Lacroix qui quitte le domaine de la haute finance.

Vraiment, la désolation était palpable dans tous les cœurs des Québécois hier et nous sommes persuadés qu’il nous faudra plusieurs heures pour nous en remettre.

Il partit comme il était venu : bon, affable et honnête… Oh, bien sûr, plusieurs lui proposèrent une job dans le Nord, mais non, trop orgueilleux, il préféra vivre des maigres dividendes que lui rapportaient les parts dans une compagnie qui faisait à peine un milliard de chiffre d’affaires.

Terminées, les jokes de yacht pour les humoristes. Adieu les soirées avec les ministres libéraux et les apparatchiks de certaines municipalités sur ce même bateau!

Au revoir Tony Accurso, tu nous manqueras tellement. Nous en remettrons-nous un jour?

Impossible à dire. Juste y penser nous fait trop mal.

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Vous l’aviez deviné, amis lecteurs perspicaces, c’était le retour automnal de nos mardis ironiques! Que nous sommes coquins! Soyez toujours vigilants en lisant nos textes, car on ne sait jamais!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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